Désaccords sur la garantie des Etats pour les banques

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker (g) et le ministre allemand des Finances, le 21 juin 2012 au Luxembourg[AFP/Archives]

La nécessité pour les Etats de garantir la future recapitalisation directe des banques en difficulté par le fonds de secours de la zone euro semblait lundi faire encore l'objet d'un débat, lié notamment au calendrier de mise en place d'une véritable union bancaire.

Les dirigeants de la zone euro ont décidé le 29 juin de créer rapidement un "mécanisme de surveillance unique" des banques. Ils en ont fait un préalable à la recapitalisation directe des banques par leur futur fonds de secours permanent, le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Cette solution est censée permettre d'éviter que le sauvetage des établissements financiers ne vienne alourdir la dette d'Etats déjà en difficulté sur les marchés.

Le problème, c'est que l'hypothèse circule d'une nécessaire garantie des Etats à cette recapitalisation directe.

Interrogé sur ce point lundi lors d'une conférence de presse, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a répondu clairement: "Une fois qu'un mécanisme unique de supervision sera en place, le MES pourra prendre la décision de recapitaliser directement des banques, et il n'y aura pas besoin d'une garantie souveraine".

"L'ensemble des détails doivent encore être finalisés, mais c'est le principe sur lequel nous travaillons", a insisté ce porte-parole, Simon O'Connor.

Or vendredi, un haut responsable de la zone euro avait avancé une version différente. Selon lui, la garantie des Etats sera nécessaire tant qu'une véritable union bancaire ne sera pas en place.

Cette "union bancaire" prendra beaucoup plus de temps à voir le jour, car elle suppose, en plus du superviseur unique, un mécanisme commun de résolution des crises. Tant que cette union ne sera pas opérationnelle, "le MES ne pourra prendre de participation dans des banques qu'en échange de la garantie des Etats", avait assuré ce responsable.

"De premières banques espagnoles auront besoin d'être recapitalisées cette année, et beaucoup d'autres au printemps prochain", avait-il souligné.

Les ministres des Finances de la zone euro, qui se réunissent lundi à Bruxelles, devraient "parvenir à un accord politique" sur les modalités du sauvetage des banques espagnoles avant qu'il ne soit formellement finalisé en principe lors d'un nouvel Eurogroupe le 20 juillet.

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