L'Eurogroupe demandera aux banques espagnoles plus de fonds propres

La façade d'un bureau de la banque espagnole Bankia à Séville, photographiée le 15 juin 2012[AFP/Archives]

La réunion de l'Eurogroupe lundi, où seront discutés les termes de l'aide financière aux banques espagnoles, posera comme conditions à ces dernières qu'elles augmentent leur niveau de fonds propres, affirme le journal El Pais.

"Toutes les entités espagnoles devront augmenter jusqu'à 9% leur niveau de capital de meilleure qualité ou +core capital", niveau de fonds propres durs, un taux jusque-là seulement obligatoire pour les plus grandes banques, écrit le quotidien, citant des sources européennes proches des négociations.

La réunion des ministres des Finances de la zone euro est jugée cruciale par le marché, qui vit un regain de tension dans l'attente de connaître les détails de l'aide financière aux banques.

Le taux des obligations espagnoles à 10 ans restait lundi matin à un niveau élevé, à 7,026% peu après 10H00 (08H00 GMT). Il n'avait pas dépassé le seuil des 7% depuis le 19 juin.

Dans le même temps, la prime de risque, qui mesure le surcoût payé par l'Espagne pour emprunter par rapport à l'Allemagne, était elle aussi en hausse, à 564 points de base (5,64 points de pourcentage).

Constitution d'une "bad bank"

Les investisseurs semblent perdre patience, manquant de précisions depuis l'annonce, le 9 juin, d'une aide de la zone euro de jusqu'à 100 milliards d'euros pour les banques espagnoles, fragilisées depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

"Tout indique que les principaux points de l'accord des dirigeants de la zone euro seront respectés, c'est-à-dire la capitalisation directe du secteur bancaire espagnol et l'absence de priorité de cette dette sur le reste de la dette souveraine espagnole", estiment les analystes de la maison de courtage Link Securities.

Mais "il faut maintenant décider quand et comment sera appliqué ce plan, et ce qui sera demandé en échange", préviennent-ils.

"L'une des conditions non négociables imposée par les +hommes en noir+ est la constitution d'une +bad bank+", entité regroupant les actifs immobiliers toxiques des banques, affirme le journal El Mundo, une opinion partagée par El Pais.

Lundi "nous n'attendons pas que soit signé le protocole d'accord", indiquent les analystes de Renta4, "mais on pourrait atteindre un accord qui finalise le document, qu'il n'y aurait plus qu'à signer" lors du prochain Eurogroupe, le 20 juillet.

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