Eurogroupe : 1er versement à l'Espagne de 30 milliards d'euros

Le ministre espagnol des Finances Luis de Guindos (g) et le chef de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker, le 9 juillet 2012 à Bruxelles[AFP]

Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d'accord dans la nuit de lundi à mardi sur les modalités de leur aide à l'Espagne, avec un premier versement de 30 milliards d'euros à la fin du mois, a annoncé leur chef de file Jean-Claude Juncker.

"Nous sommes parvenus à un accord politique" sur "un projet de mémorandum" sur l'aide au secteur financier espagnol, a dit M. Juncker à l'issue de neuf heures de réunion.

Le but est de "formaliser l'accord dans la seconde partie du mois, ce qui permettra un versement de 30 milliards d'euros d'ici la fin du mois", a-t-il ajouté en précisant que la maturité des prêts pourra aller "jusqu'à 15 ans".

Les banques espagnoles pourront recevoir en tout jusqu'à 100 milliards d'euros, ont rappelé les ministres.

L'aide se fera sous conditions, à la fois sur le secteur financier dans son ensemble et pour chaque établissement bancaire, dont le ministre allemand des Finances a évoqué la limitation des salaires des dirigeants.

D'autre part, la zone euro est d'accord pour que l'Espagne soit autorisée à ne ramener son déficit public à 3% qu'en 2014 au lieu de 2013, en raison des difficultés économiques du pays.

"L'Eurogroupe soutient la recommandation de la Commission de prolonger d'un an la date limite accordée à l'Espagne pour corriger son déficit excessif", a déclaré M. Juncker, en justifiant ce délai par la "situation économique dégradée" du pays.

Les ministres des Finances des 17 ont pris une autre décision très attendue sur la succession de leur patron, qui traînait depuis des mois. Ils ont décidé de le renommer pour un nouveau mandat théorique de deux ans et demi à la tête de l'Eurogroupe.

Mais M. Juncker a lui-même précisé qu'il partirait "bien avant ce terme, d'ici la fin de l'année ou le début de l'an prochain".

La France, réticente face à la candidature du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, poussait pour une prolongation du mandat du Luxembourgeois.

Le ministre français des Finances Pierre Moscovici s'est dit "très satisfait" de la solution trouvée. Il a assuré qu'il ne s'agissait ni d'une "rustine", ni d'un "intérim", ni d'une solution "provisoire".

Interrogé sur une hypothèse qui a circulé dans la presse, qui verrait, après le départ de Jean-Claude Juncker, la présidence de l'Eurogroupe confiée d'abord à Wolfgang Schäuble puis à Pierre Moscovici, ce dernier a assuré ne pas être "demandeur". "Ce n'est pas une proposition française", "je ne me mets pas dans cette position-là", a-t-il déclaré, sans toutefois l'exclure.

Pour sa part, le ministre allemand, prié de dire s'il était toujours intéressé par le poste, n'a pas répondu clairement, renvoyant la balle dans le camp des chefs d'Etat et de gouvernement.

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