La Grèce doit trouver 3 milliards d'euros d'économies

Le ministre des Finances grec Yannis Stournaras lors d'une conférence de presse à Athènes le 5 juillet 2012[AFP/Archives]

La Grèce doit réaliser des économies immédiates de quelque 3 milliards d'euros pour redresser ses comptes et rester sous protection financière de l'UE et du FMI, a mis en garde mardi son ministre des Finances, Yannis Stournaras.

Les partenaires du pays lui "demandent de mettre en oeuvre les mesures qu'il s'est engagé à prendre pour 2012 (...) dans les prochaines semaines, il faudra prendre des mesures d'un montant d'environ 3 milliards d'euros en souffrance depuis mars", a-t-il déclaré dans un point de presse en marge d'une réunion avec ses homologues européens.

Athènes bataille aussi pour obtenir de ses bailleurs de fonds une "solution intermédiaire" lui permettant de "couvrir d'ici septembre ses besoins" de financement, après le gel en mai du versement des prêts protégeant le pays de la cessation de paiement, a indiqué le ministre

"Notre premier soin est d'assurer un financement intermédiaire jusqu'à ce que soit débloquée la prochaine tranche, d'un montant de 31,5 milliards d'euros", incluant des fonds destinés à la recapitalisation des banques, a-t-il insisté.

Même avec le sursaut requis "qui porte sur des mesures budgétaires et les privatisations", le pays "ne tiendra pas en pourcentage du PIB son objectif d'un déficit public" de 5,4% pour 2012, du fait de l'aggravation de la récession, a prévenu le ministre.

Il a indiqué avoir souligné ce point lors de la réunion ministérielle de l'Eurogroupe lundi, qui constituait le premier test européen pour le nouveau gouvernement grec de coalition droite-gauche issu des élections du 17 juin.

Avant de rallier Bruxelles, M. Stournaras avait reconnu que le programme de redressement dicté au pays surendetté par l'UE et le FMI était sorti des rails du fait de la parenthèse d'instabilité politique traversée par la Grèce depuis le premier scrutin le 6 mai, qui n'avait pas débouché sur une majorité viable.

Dans ces conditions, la Grèce à Bruxelles n'a pas "posé officiellement la question du délai supplémentaire" pour assainir ses finances qu'elle veut obtenir au delà de l'échéance convenue de fin 2014, a indiqué le ministre.

"Nous le ferons quand le programme sera revenu sur les rails", a-t-il réitéré, reconnaissant qu'il serait "difficile" de convaincre les partenaires européens "car un délai supplémentaire signifie un financement supplémentaire" en sus des quelque 240 milliards déjà prévus par les plans de sauvetage adoptés depuis mai 2010.

Le ministre a indiqué que la troïka, la délégation tripartite des bailleurs de fonds (BCE-UE-FMI) évaluera dans un rapport "le coût" du sursis souhaité par Athènes et "ses conséquences sur la viabilité de la dette" publique, censée être ramenée à 120% du PIB en 2020.

Venue reprendre contact avec la partie grecque la semaine dernière, la troïka doit revenir à Athènes le 24 juillet pour mener un audit complet des comptes grecs et faire le point des efforts à livrer par le pays.

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