Nouveau tour de vis en Espagne

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, le 29 juin 2012 à Bruxelles[AFP/Archives]

L'Espagne, après avoir obtenu de Bruxelles un assouplissement de ses objectifs de réduction du déficit, va devoir redoubler d'efforts et présenter un nouveau plan d'économies, dont les grandes lignes devraient être annoncées mercredi par le chef du gouvernement Mariano Rajoy

Outre une première tranche de 30 milliards d'euros pour le secteur bancaire, les ministres des Finances de la zone euro ont accordé à l'Espagne un répit, en raison des difficultés du pays entré en récession au premier trimestre: un an supplémentaire, jusqu'en 2014, pour ramener son déficit public à moins de 3% du PIB.

L'objectif est désormais de réduire le déficit à 6,3% cette année contre 5,3% annoncé par le gouvernement espagnol, 4,5% en 2013 contre 3% prévu et 2,8% en 2014, a affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, à l'issue de la réunion à Bruxelles.

Mais, a-t-il clairement dit, en échange, Madrid devra présenter d'ici à la fin du mois un plan d'ajustement pour 2013 et 2014.

Le Fonds monétaire international (FMI) et la commission européenne ont évoqué à plusieurs reprises ces conditions présentées comme des "recommandations", depuis que la zone euro s'est engagée le 9 juin à fournir une aide allant jusqu'à 100 milliards d'euros aux banques espagnoles.

Le FMI avait appelé le 15 juin l'Espagne à présenter un plan de réformes "clair et cohérent", parmi lesquelles une hausse de la TVA.

"En ce sens, la clef sera ce que va annoncer demain (mercredi) Mariano Rajoy et surtout vendredi le Conseil de Ministres", explique Daniel Pingarron, analyste de IG Market.

Le chef du gouvernement de droite doit en effet prononcer mercredi devant les députés un discours où il expliquera notamment le plan de sauvetage européen pour les banques.

Il a déjà annoncé samedi des décisions "très importantes" à venir en matière de réduction du déficit et de réformes structurelles. "Certaines seront prises en juillet et d'autres plus tard", avait-il ajouté, sans plus de précisions.

"Il semble qu'il va y avoir une augmentation des taux de TVA réduite, pour tenter d'augmenter les recettes fiscales. Mais surtout il va y avoir une réduction importante des dépenses, via l'administration", explique Daniel Pingarron.

Selon lui, "il va y avoir une réduction des salaires de fonctionnaires et des effectifs dans divers organismes".

"C'est le paquet principal de mesures que le gouvernement va présenter vendredi et avec lequel il espère réduire le déficit de 30 à 40 milliards d'euros entre cette année et l'année prochaine", poursuit-il, évoquant également une augmentation des péages routiers ou d'autres taxes.

Après l'avoir rejeté pendant des semaines, le ministre du Budget, Cristobal Montoro, a d'ailleurs admis implicitement lundi cette future augmentation de la TVA, rendue nécessaire selon lui par le manque à gagner important que représente le travail au noir dans l'économie espagnole (environ 20% du PIB, selon différentes estimations).

"Ce débat sur la nécessité ou non d'augmenter la TVA n'existerait pas autant si cette économie souterraine n'existait pas", a déclaré M. Montoro, qualifiant l'économie parallèle de "sport national" en Espagne.

Le ministre a également évoqué un allongement de la journée de travail des fonctionnaires.

A peine adopté, le budget 2012 de l'Etat central, déjà d'une rigueur historique, va donc devoir subir un nouveau tour de vis, alors qu'il visait déjà à récupérer 27,3 milliards d'euros entre économies et nouvelles recettes.

Le reste de l'effort vient surtout des régions et des villes, à la santé financière fragile depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, qui ont présenté des plans d'austérité pour récupérer 18 milliards d'euros.

Le gouvernement prévoit également des économies de 10 milliards d'euros par an dans les secteurs sensibles de la santé et de l'éducation.

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