Les Français partent moins en vacances

Des vacanciers sur une plage à Nice le 8 juillet 2012[AFP/Archives]

Alors que les vacances viennent de débuter dans la morosité, le gouvernement a dévoilé mercredi ses priorités pour le tourisme, secteur "essentiel" de l'économie, avec notamment pour ambition de permettre aux Français les plus modestes de partir en congés.

"Je reste très vigilante sur le fait que le taux de départ des Français s'affaiblit d'année en année, accentuant l'émergence d'une fracture touristique entre ceux qui ont les moyens de partir et ceux qui ne les ont pas", a expliqué la ministre du Tourisme Sylvia Pinel lors d'une conférence de presse.

46% des Français ne partent pas en vacances, a-t-elle souligné, tandis qu'un quart assure les deux-tiers des départs.

Au premier semestre, le tourisme en France a surtout été soutenu par la clientèle étrangère notamment européenne, américaine et asiatique, selon la Direction générale de la compétitivité de l'industrie et des services (DGCIS). Et la saison estivale s'annonce sous les mêmes auspices.

 

Austérité

Les Français sont 29% à être certains de partir en juillet, près de 3 points de moins que l'an dernier à la même époque. Pour août, la proportion est de 32%, en baisse de 2,7 points, toujours selon la DGCIS. De même, le nombre de voyages prévus connaîtrait une baisse de 10,5% en juillet et de 7,5% en août.

Une mission sur "l'accès aux vacances pour tous" va être confiée à "une personne qualifiée" qui devra rendre ses travaux à la fin de l'année.

Les professionnels du tourisme (hôtellerie, campings, offices de tourisme etc) constatent déjà que les vacances d'été sont placées sous le signe de l'austérité en France et en Europe. De plus, la météo, maussade dans la plupart des régions, n'a pas incité au départ et repoussé les réservations à la toute dernière minute. "Depuis 2003, on a une baisse tout à fait considérable de 10 points des taux de départ en juillet-août pour les plus modestes qui ne dépassent pas 30% à comparer aux 78% des catégories supérieures", explique à l'AFP Didier Arino, le directeur du cabinet Protourisme.

 

Un plan gouvernemental en préparation

La France, première destination mondiale en terme de fréquentation, doit l'être aussi en terme de recettes pour Mme Pinel alors qu'elle se situe actuellement en 3e position. La ministre mise notamment sur une amélioration de la qualité de l'offre touristique dans un contexte de concurrence mondiale aiguë.

"Une réhabilitation des hébergements touristiques est nécessaire", a-t-elle martelé pointant notamment le "sous-investissement chronique en matière d'hébergement" et le nombre "insuffisant" d'hôtels qui ont adopté les nouvelles normes.

Ce plan passera aussi par une concertation annoncée dès septembre entre collectivités territoriales et acteurs privés, ainsi qu'une politique de formation et d'emploi alors que 50.000 postes ne sont pas pourvus dans la filière, selon le ministère.

Côté professionnels, le président des agents de voyage Georges Colson a salué "les intentions", "mais il faut voir maintenant les actes". "On est prêt à toutes les discussions", a-t-il ajouté. Mais pour lui, "le droit des vacances pour tout le monde en France, c'est bien, mais il ne faut pas oublier l'étranger".

Pour Didier Arino, une véritable politique touristique passe "par des projets forts structurants (création de parcs, d'infrastructures...), une politique touristique nationale en terme de promotion et des aides sur ce qui génère de l'emploi".

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