Chine : la fin du ralentissement de la croissance en vue

Une employée d'un magasin de vêtements chinois habille un mannequin, le 9 juillet 2012[AFP]

La croissance de l'économie chinoise va se stabiliser après avoir ralenti durant la première moitié de l'année, a prédit jeudi un économiste proche du gouvernement chinois, à la veille de la publication d'indicateurs clés.

"Au premier et au deuxième trimestre, l'économie a connu un ralentissement. Au troisième et au quatrième trimestre, elle va commencer à se stabiliser", a déclaré Yu Bin, directeur du département macroéconomie du Centre de recherche sur le développement, lors d'une conférence de presse.

"Nous nous attendons à une croissance proche de 8% pour le premier semestre", a indiqué M. Yu. Au premier trimestre, l'augmentation du Produit intérieur brut (PIB) chinois s'est élevée à 8,1%, contre 9,2% l'an dernier et 10,4% en 2010.

Le chiffre officiel du PIB pour le deuxième trimestre est attendu vendredi.

Yu Bin a souligné que le ralentissement économique en Chine était davantage dû à une moindre croissance des investissements qu'aux difficultés des exportateurs, liés à la crise en Europe.

"Bien que la croissance des exportations chinoise ralentisse, tout comme celle des importations, la contribution de l'excédent commercial chinois à la croissance de la Chine est plutôt stable", a constaté l'économiste.

Cet excédent s'est élevé au premier semestre à 68,92 milliards de dollars, en hausse 56,4% par rapport à la même période de 2011, selon les chiffres publiés mardi par les douanes.

D'après Yu Bin, la raison principale de la moindre hausse du PIB chinois est "la croissance des investissements en Chine, dont le ralentissement a été assez important".

En 2011, les investissements en capital fixe avaient augmenté de 23,8%, et contribué pour plus de la moitié (54,2%) à la formation du PIB.

Mais au cours des cinq premiers mois de cette année, les investissements dans les infrastructures, qui représentent 20% du total, n'ont progressé que de 4,6%, tandis que ceux dans l'industrie et dans l'immobilier ont continué à croître de 24,5% et de 23,15% respectivement, a détaillé l'économiste.

Les investissements dans les infrastructures avaient connu un boom après la crise financière de 2008, grâce à un plan de relance du gouvernement.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a déclaré cette semaine que "stabiliser la croissance" est à l'heure actuelle "la tâche la plus urgente" pour la Chine.

Afin de stimuler l'activité, la banque centrale a baissé deux fois les taux d'intérêt directeurs, en juin et en juillet. Selon M. Yu, une nouvelle baisse avant la fin de l'année ne sera nécessaire que si la situation économique mondiale continue à se détériorer.

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