La Cour des comptes s'inquiète du financement de l'économie

L'entrée du siège de la Cour des comptes, photographiée le 4 octobre 2010 à Paris[AFP]

La Cour des comptes a formulé jeudi une série de recommandations pour assurer sur la durée le financement de l'économie française, soulignant que même si les ménages français épargnent beaucoup, cela ne suffit plus à couvrir les besoins, notamment du secteur productif.

Dans un rapport sur "L'Etat et le financement de l'économie", la Cour fait le point sur les problèmes de financement rencontrés par les acteurs économiques et leurs causes, historiques ou induites par la récente crise financière.

Elle évoque notamment une "logique d'endettement" touchant tant les administrations publiques que le secteur privé.

L'épargne des ménages, si élevée qu'elle soit (15% à 17% des revenus), ne suffit plus à couvrir les besoins, car elle s'oriente en priorité vers les emprunts d'Etat, l'étranger et l'immobilier, au détriment du secteur productif, soulignent les magistrats financiers.

La Cour relève aussi que les moyens d'intervention classiques de l'Etat (subventions, garanties, recours au cofinancement avec le secteur privé), déjà très largement utilisés, rencontrent leurs limites.

Beaucoup de ses propositions touchent à la fiscalité, mais elles peuvent globalement se lire comme des lignes directrices pour orienter la politique économique du nouveau gouvernement.

Le rapport appelle notamment à davantage cibler les niches fiscales, telles les abattements par exemple, vers l'investissement productif ou les PME.

Il plaide aussi pour "réorienter l'épargne vers le long terme", afin de coller aux besoins à la fois des entreprises pour leurs investissements, et des ménages pour leur retraite par exemple.

Dans ce contexte, la Cour suggère notamment des de la fiscalité de l'assurance-vie ou émet des conditions à un éventuel relèvement du plafond du Livret A.

Le rapport conseille aussi d'accompagner davantage les PME et les collectivités locales dans leur financement, ou encore de renforcer le rôle de pilotage donné à l'Etat ou d'aménager le fonctionnement de la Caisse des dépôts.

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Le ministre italien du travail Luigi Di Maio, Le président du Conseil Giuseppe Conte, Le vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur Matteo Salvini et le ministre de l'Economie et des finances Giovanni Tria à Rome le 15 octobre 2018 [Filippo MONTEFORTE / AFP]
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