Hollande et Monti se veulent les "gardiens" des décisions européennes

Les dirigeants français et italien François Hollande et Mario Monti se sont présentés mardi à Rome en "gardiens des décisions" prises au sommet européen de fin juin pour alléger les tensions sur les marchés obligataires italiens et espagnol et relancer la croissance en Europe.[AFP] Les dirigeants français et italien François Hollande et Mario Monti se sont présentés mardi à Rome en "gardiens des décisions" prises au sommet européen de fin juin pour alléger les tensions sur les marchés obligataires italiens et espagnol et relancer la croissance en Europe.[AFP]

Les dirigeants français et italien François Hollande et Mario Monti se sont présentés mardi à Rome en "gardiens des décisions" prises au sommet européen de fin juin pour alléger les tensions sur les marchés obligataires italiens et espagnol et relancer la croissance en Europe.

Ils se voyaient pour la troisième fois dans la capitale italienne depuis l'élection du président français pour un déjeuner de travail de plus de deux heures dans la magnifique Villa Madame, sur les hauteurs de Rome.

L'entrevue s'est inscrite dans le contexte d'un ballet diplomatique en cours depuis la fin août entre hauts dirigeants européens (Monti-Merkel le 29 août, Hollande-Rajoy le 30), qui s'intensifiera cette semaine avec de multiples entrevues (Van Rompuy avec Merkel puis Hollande, Merkel-Rajoy, Hollande-Cameron, Monti-Van Rompuy...).

Les deux dirigeants ont défendu l'utilité de telles rencontres, M. Hollande prônant aussi des sommets européens plus fréquents.

"Nous pourrions nous réunir plus régulièrement, tous ensemble et avec une zone euro qui s'organise davantage", a-t-il estimé.

Selon des sources gouvernementales italiennes, c'était la première fois que MM. Hollande et Monti parlaient d'une intensification des sommets européens.

Les sujets sur la table étaient nombreux: une réunion très attendue jeudi de la Banque centrale européenne (BCE) qui pourrait annoncer des mesures pour aider les pays fragiles et à taux obligataires élevés comme Italie et Espagne, la décision le 12 septembre de la Cour constitutionnelle allemande sur la validité du fonds de secours européen et des législatives le même jour aux Pays-Bas qui pourraient renforcer le camp des eurosceptiques.

Faire progresser l'Europe sur "l'intégration solidaire"

Les deux dirigeants ont appelé les instances européennes à soulager les tensions sur les marchés obligataires qui visent notamment Italie et Espagne. "C'est vrai qu'il y a des taux trop élevés dans un certain nombre de pays sur la dette souveraine", a estimé M. Hollande. Il a appelé "tous ceux qui ont vocation à intervenir sur la zone euro à y contribuer, et notamment la Banque centrale européenne".

M. Monti a souhaité "une reconnaissance de la part de l'Union européenne elle-même (..) afin que cessent les entraves que constituent" des taux obligataires trop élevés.

Ils ont tous deux rappelé que ce type de mécanismes ont été validés lors du sommet de l'UE de fin juin. Selon des sources gouvernementales, les deux hommes se voient comme les "gardiens" des décisions prises à Bruxelles non seulement pour stabiliser la zone euro mais aussi pour mettre en oeuvre le pacte européen pour la croissance. "Nous avons la même préoccupation, celle de la croissance dans la stabilité, la même volonté, qui est de faire avancer l'Europe sur le chemin de l'intégration solidaire", a indiqué M. Hollande.

MM. Monti et Hollande étaient entourés de leurs ministres les plus en pointe dans la crise de la zone euro: les responsables des Finances, Vittorio Grilli et Pierre Moscovici, et des Affaires européennes, Enzo Moavero et Bernard Cazeneuve. Les chefs de la diplomatie, Giulio Terzi et Laurent Fabius, participent également au déjeuner de travail.

Les deux pays ont aussi parlé de la situation en Espagne qui pourrait devoir demander bientôt une aide financière européenne et la nouvelle mission de la troïka des créanciers de la Grèce (FMI, UE, BCE) à Athènes la semaine prochaine pour évaluer si les conditions d'octroi d'une nouvelle tranche d'aide de 31,5 milliards d'euros sont remplies.

MM. Hollande et Monti ont également évoqué le renforcement de l'Union économique et monétaire avec la mise en place prévue d'une supervision bancaire avant fin 2012, considérée comme "particulièrement importante" par l'Elysée.

Et ils ont préparé le sommet européen prévu à la mi-décembre dont l'objectif est de rendre "plus solide et convaincante" la gouvernance de l'euro, souligne-t-on à Rome.

Enfin, les deux dirigeants ont évoqué la situation en Syrie. M. Hollande a souhaité des actions pour "favoriser la transition politique" tandis que M. Monti a exprimé la "préoccupation très forte" de l'Italie et dit travailler à "l'après Assad".

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