Grève Lufthansa: médiation en vue

Une grève historique des hôtesses et stewards de Lufthansa a contraint la première compagnie aérienne allemande à annuler des centaines de vols vendredi mais en fin de journée, direction et syndicat se sont mis d'accord pour faire intervenir un médiateur. [AFP] Une grève historique des hôtesses et stewards de Lufthansa a contraint la première compagnie aérienne allemande à annuler des centaines de vols vendredi mais en fin de journée, direction et syndicat se sont mis d'accord pour faire intervenir un médiateur. [AFP]

Une grève historique des hôtesses et stewards de Lufthansa a contraint la première compagnie aérienne allemande à annuler des centaines de vols vendredi mais en fin de journée, direction et syndicat se sont mis d'accord pour faire intervenir un médiateur.

Procédure courante en Allemagne, cette médiation pourrait permettre de trouver une sortie de crise. Jusqu'à la signature d'un accord arbitral prévue mercredi, il ne devrait pas y avoir de mouvement de grève, a en tout cas annoncé la compagnie vendredi soir.

Selon un porte-parole de Lufthansa, "plus de 100.000 passagers" ont été touchés vendredi et environ la moitié des 1.800 vols ont été annulés, en raison d'un débrayage de 24 heures lié aux salaires qui a démarré jeudi minuit (22H00 GMT).

A Francfort, comme dans trois autres aéroports en Allemagne (Munich, Berlin-Tegel et Hambourg), des manifestations avaient été organisées par le syndicat UFO, à l'origine du mouvement.

"Les gens croient toujours qu'être hôtesse de l'air, c'est un métier de rêve. Mais ça c'était dans les années 50 ou 60!", a notamment expliqué à l'AFP Karolin Otto, chef de cabine principale. Elle manifestait dans le calme, à Francfort, avec plusieurs centaines de ses collègues vêtus de chasubles de sécurité jaune fluo, autour de banderoles qui disaient notamment: "nous sommes le coeur de Lufthansa".

A l'aéroport de Francfort, le troisième d'Europe et le premier noeud aérien de la compagnie, la pagaille a été évitée, les passagers ayant été notamment informés par textos ou internet de l'annulation de leurs vols, a assuré un porte-parole.

A Berlin, les couloirs étaient déserts, a constaté une journaliste de l'AFP sur place.

Selon UFO, qui revendique l'adhésion d'environ deux-tiers des quelque 18.000 hôtesses et stewards de la compagnie, il s'agit de la plus grande grève de l'histoire de la compagnie, une information non confirmée par Lufthansa.

UFO réclame notamment une hausse de salaire de 5% sur 12 mois à compter d'avril 2012, après trois ans de stagnation. Le syndicat rejette aussi catégoriquement le recours à du personnel de cabine intérimaire à bord d'appareils de la Lufthansa, comme la compagnie allemande a commencé à le faire depuis juin.

La compagnie était quant à elle prête à augmenter les rémunérations de 3,5%, à renoncer aux licenciements économiques, aux contrats à durée déterminée et au recours aux intérimaires, du moins temporairement.

Au fil de la journée, le syndicat et la direction ont repris leurs discussions. En fin d'après-midi, la direction a annoncé dans un communiqué qu'elle renonçait "unilatéralement à l'avenir et sans condition à introduire des équipages de cabine extérieurs à Berlin", une des exigences fortes d'UFO qui a d'ailleurs salué "une mesure intelligente".

"Pour l'instant, il n'y a pas d'accord", ajoutait cependant le porte-parole du syndicat à l'AFP.

Dans la soirée, la direction a finalement annoncé avoir trouvé un accord avec le syndicat pour qu'un médiateur tente de mettre fin au conflit social.

Selon la même source, la procédure de conciliation doit notamment concerner "la grille de salaires collective" des stewards et hôtesses, ainsi qu'un "accord d'intéressement" pour ces mêmes personnels.

"Nous sommes condamnés à nous entendre. Nous avons besoin d'un thérapeute de couple", avait déclaré en début de journée Nicoley Baublies, le président d'UFO.

Pour samedi, le trafic de la Lufthansa devrait encore être perturbé. Un porte-parole a évoqué dans la journée plus d'une dizaine d'annulations du fait des conséquences de la grève de vendredi.

Le mouvement de grève avait démarré vendredi dernier par un premier débrayage de huit heures à l'aéroport de Francfort avant de se durcir progressivement et de s'élargir à toute l'Allemagne.

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