La zone euro reprend espoir

La zone euro reprend espoir vendredi au lendemain des décisions importantes annoncées par la Banque centrale européenne (BCE), même si la balle est désormais dans le camp des Etats comme l'a rappelé le président français françois Hollande. [AFP] La zone euro reprend espoir vendredi au lendemain des décisions importantes annoncées par la Banque centrale européenne (BCE), même si la balle est désormais dans le camp des Etats comme l'a rappelé le président français françois Hollande. [AFP]

La zone euro reprend espoir vendredi au lendemain des importantes annoncées par la Banque centrale européenne (BCE), même si la balle est désormais dans le camp des Etats comme l'a rappelé le président français françois Hollande.

La BCE a annoncé jeudi une série de mesures exceptionnelles pour enrayer la crise de la zone euro, incluant notamment un programme illimité de rachat de dette des pays ayant du mal à se financer sur les marchés, comme l'Espagne et l'Italie.

Ce programme sera toutefois enclenché à la condition stricte que les Etats qui souhaitent en bénéficier aient auparavant fait appel à l'aide des fonds de secours européens, le FESF, provisoire, et le MES, son futur successeur.

L'avalanche de réactions positives qui a suivi cette annonce s'est poursuivi vendredi, les dirigeants européens et les marchés s'accordant à estimer qu'un pas important a ainsi été accompli pour assurer la viabilité de la monnaie unique.

"Le fait qu'il ait suffit de quelques mots pour rétablir le calme montre bien que c'était ce qu'il fallait faire, qu'il manquait seulement le courage et la volonté politique", a ainsi déclaré vendredi le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel García Margallo.

"Reste maintenant à espérer que (ces mesures) soient mises en oeuvre assez rapidement", a ajouté le ministre, en déplacement à Chypre pour une réunion avec ses homologues de l'Union européenne.

L'Espagne, qui a déjà adopté des mesures d'austérité douloureuse, s'est toutefois jusqu'à présent montrée réticente à faire appel à une aide globale européenne --après celle obtenue pour ses banques--, condition sine qua non pour bénéficier du programme de rachats de la BCE. Le pays ne se prononcera que lorsqu'il connaîtra les conditions qui seraient exigées en échange d'une aide, a réaffirmé M. García Margallo. "Il faut connaître les conditions, les analyser et on décidera", a-t-il souligné.

Dès jeudi, le président du Conseil italien Mario Monti avait qualifié de "pas en avant important" les décisions de la BCE, estimant qu'elles mèneraient vers "une gouvernance plus satisfaisante de la zone euro".

Le président français François Hollande a lui aussi salué les décisions de la BCE, estimant que le temps était venu de "clore" la phase de la crise. Les décisions de l'Union européenne et de la BCE ne "dispensent pas" les Etats de "mettre de l'ordre" dans leurs comptes publics, a toutefois souligné François Hollande, répondant indirectement aux préoccupations d'une partie de l'Allemagne.

La veille, la banque centrale allemande avait fait entendre une voix dissonante, estimant dans un communiqué que si ce programme conduisait les Etats à "repousser les réformes nécessaires", cela allait "de nouveau saper la confiance dans la capacité des responsables politiques à résoudre la crise". La Bundesbank a également estimé dans un communiqué que de tels rachats de dette s'assimilaient à un financement des déficits publics, ce qui est interdit à la BCE.

Une critique balayée vendredi par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble. "Ce n'est pas le début d'un financement monétaire de la dette publique. Ce ne serait pas acceptable, mais ce n'est pas cela", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Stockholm, critiquant également les arguments contre les annonces de Bruxelles déployés dans la presse allemande.

Il rejoint ainsi les déclarations faites jeudi par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a estimé que la BCE agissait "pleinement dans son mandat de maintien de l'intégrité de la politique monétaire".

"La BCE ne peut pas et ne devrait pas financer les gouvernements. Mais, dans une situation où il n'y a pas d'intégrité de la politique monétaire, si les gouvernements s'engagent formellement à une discipline stricte, si c'est approprié et dans le mandat de la BCE, ils peuvent et ils devraient agir", a-t-il ajouté, au cours d'une conférence de presse commune avec Mario Monti.

Soulagés par ces annonces, les marchés d'actions européens, qui avaient déjà clôturé en nette hausse jeudi, poursuivaient leur progression vendredi, tandis que la prime de risque sur l'Espagne se détendait nettement, le taux d'emprunt à 10 ans du pays passant sous le seuil des 6% vendredi matin sur le marché de la dette, pour la première fois depuis fin mai.

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