L'Espagne proche du sauvetage financier

Qu'elle le veuille ou non, l'Espagne se dirige vers un sauvetage plus large que l'aide européenne déjà accordée à son secteur bancaire, sous un strict contrôle de l'Union européenne et peut-être avec de nouvelles douloureuses contreparties sociales, selon des analystes. [AFP] Qu'elle le veuille ou non, l'Espagne se dirige vers un sauvetage plus large que l'aide européenne déjà accordée à son secteur bancaire, sous un strict contrôle de l'Union européenne et peut-être avec de nouvelles douloureuses contreparties sociales, selon des analystes. [AFP]

Qu'elle le veuille ou non, l'Espagne se dirige vers un sauvetage plus large que l'aide européenne déjà accordée à son secteur bancaire, sous un strict contrôle de l'Union européenne et peut-être avec de nouvelles douloureuses contreparties sociales, selon des analystes.

La Banque centrale européenne a encore accentué la pression en s'engageant jeudi au rachat illimité d'obligations souveraines de maturités allant d'un à trois ans pour les pays de la zone euro qui le demanderont.

Car ce plan implique une demande officielle de sauvetage des pays aux fonds de secours européens et donc automatiquement un strict contrôle budgétaire des programmes d'ajustement économiques, voire un nouveau tour de vis.

Sous pression depuis des semaines de ses partenaires européens pour formuler sa demande, l'Espagne, qui a déjà annoncé un plan de rigueur sans précédent de 102 milliards d'euros d'ici à fin 2014, négocie pour éviter de nouvelles coupes, a affirmé samedi le journal ABC citant des sources gouvernementales.

"Ce ne sont pas des décisions qu'on prend par dessus la tête ni du jour au lendemain", a insisté vendredi la porte-parole du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria, à l'issue du Conseil des ministres.

Et "il n'y toujours aucune précision sur ce que signifie cette conditionnalité à laquelle a fait allusion Mario Draghi", a-t-elle dit.

Mais même en traînant les pieds, l'Espagne n'a pas vraiment le choix, souligne des analystes.

Elle disposent de "zéro marge de manoeuvre" et devrait demander l'aide "même si cela prend encore quelques semaines", estiment les analystes de Link Securities.

Car si Madrid s'y refusait, la réaction des marchés "serait si négative qu'elle conduirait à l'impossibilité du pays de se financer directement sur les marchés" et à un sauvetage global d'urgence, prédisent-ils.

Bref, "plus tôt cette demande intervient, mieux c'est, compte tenu des besoins de financement élevés d'ici à la fin de l'année, tant au niveau du Trésor (83 milliards d'euros) que des régions autonomes (33 milliards d'euros)", renchérit la maison de courtage Renta4, dans son bulletin hebdomadaire.

Quant aux conditions, "le sauvetage peut être plus léger en comparaison de ceux de la Grèce, du Portugal ou de l'Irlande, mais il aura des conditions au niveau macro-économique qui impliqueront un contrôle strict de la BCE, de la Commission européenne et du FMI", estime Link Securities.

La demande auprès du Fonds de secours européen (FESF) devrait s'accompagner de la signature d'un mémorandum du même type que celui édicté pour l'aide accordée en juillet au secteur bancaire de jusqu'à 100 milliards d'euros.

Sur ce point, "il pourrait y avoir du nouveau lors de la réunion (des ministres des Finances de la zone euro) du 14 septembre" à Chypre, selon Renta4.

Ce que la zone euro attend, c'est que l'Espagne tienne son engagement de réduire son déficit public de 8,9% en 2011 à 2,8% en 2014.

Mais Madrid redoute d'autres mesures imposées, d'autant qu'elle doit déjà faire passer la réforme bancaire, contrepartie de l'octroi d'une aide européenne de jusqu'à 100 mds d'euros.

Le gouvernement de droite va déjà devoir faire payer une partie du coût des pertes bancaires aux centaines de milliers de petits épargnants qui avaient acheté des titres participatifs à hauts risques sans le savoir et qui risquent de perdre leurs économies, souligne l'économiste Edward Hugh.

"Ce que je vois en grosses lettres, c'est: problèmes d'application", estime-t-il.

Dans ce contexte, "il est très très délicat pour le Parti populaire (droite au pouvoir, ndlr) de faire avaler en plus aux retraités une réduction de leur pension", poursuit-il.

Le chef du gouvernement a d'ailleurs rappelé jeudi, à l'occasion de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel, que les retraites était la ligne rouge à ne pas franchir.

"Je n'ai aucune intention de toucher au statu quo sur les retraites", a-t-il assuré.

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