D’impopulaires mesures d’austérité étudiées au Portugal

Le président portugais, Anibal Cavaco Silva,photographié le 25 mùai 2012 à Canberra, en Australie [Rob Griffith / Pool/AFP/Archives] Le président portugais, Anibal Cavaco Silva,photographié le 25 mùai 2012 à Canberra, en Australie [Rob Griffith / Pool/AFP/Archives]

Le président portugais, Anibal Cavaco Silva, réunissait vendredi dans l'après-midi le Conseil d'Etat, un organe rarement consulté, sur les nouvelles mesures d'austérité du gouvernement de centre-droit qui ont provoqué une vague de contestation.

La réunion, à huis clos, prévue à 16H00 GMT, pouvait être suivie d'une déclaration du président ou d'un communiqué présidentiel, selon des hypothèses des médias portugais.

Elle devait en tout cas donner lieu à un rassemblement de protestation devant la présidence, quelque 15.000 personnes ayant d'ores et déjà annoncé leur intention de répondre à un appel à manifester, lancé sur les réseaux sociaux par des groupes apolitiques.

Selon le texte de cet appel, les protestataires entendent démontrer ainsi leur "extraordinaire volonté de changement".

Le président portugais, dont le rôle est essentiellement protocolaire mais qui continue de bénéficier d'un certain prestige moral, a demandé au ministre des Finances, Vitor Gaspar, de participer à la réunion du Conseil d'Etat qui comprend 19 membres.

La majorité des membres, parmi lesquels plusieurs ex-présidents et des personnalités de diverses tendances politiques, sont, selon des estimations de la presse, opposés aux nouvelles mesures d'austérité.

Annoncées le 7 septembre, elles ont provoqué un très vif mécontentement populaire qui a culminé le 15 septembre par des manifestations auxquelles ont participé des centaines de milliers de personnes du nord au sud du pays.

Le Premier ministre de centre-droit, Pedro Passos Coelho, a provoqué la colère de ses compatriotes en prévoyant en particulier pour l'année prochaine une hausse des cotisations sociales des salariés, qui passeront de 11% à 18%, accompagnée d'une baisse des cotisations patronales, ramenées de 23,75% à 18%.

Cette mesure lui a valu un flot de critiques, certains n'ayant pas hésité à le surnommer "le Robin des Bois des Riches".

Elle a également provoqué une vive tension au sein de la coalition au pouvoir et le ministre des Affaires étrangères, Paulo Portas, qui a fait part de son opposition, a demandé qu'elle soit révisée.

Le Portugal a obtenu en mai 2011 une aide exceptionnelle de 78 milliards d'euros en échange d'un programme de réformes et de rigueur qui a contribué à un recul de plus de 3% de l'économie tandis que le chômage a bondi à plus de 15% de la population active.

Le gouvernement continue néanmoins de bénéficier du soutien de la "troïka" (UE-FMI-BCE) représentant les bailleurs de fonds du Portugal qui estiment que l'application du plan de sauvetage portugais reste "sur la bonne voie".

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