Le Nicaragua en appelle aux investissements chinois

Le président nicaraguayen Daniel Ortega le 8 mars 2012 à Managua [Elmer Martinez / AFP/Archives] Le président nicaraguayen Daniel Ortega le 8 mars 2012 à Managua [Elmer Martinez / AFP/Archives]

Face à l'avenir politique incertain du Venezuela, son principal allié économique dont le président Hugo Chavez affronte des élections en octobre, le Nicaragua tente d'attirer des investissements de Chine, pays avec lequel les relations restent embryonnaires.

M. Chavez, soigné pour un cancer en 2011 et 2012 et qui briguera un nouveau mandat de six ans le 7 octobre, est le principal soutien et bailleur de fonds du président nicaraguayen Daniel Ortega, un ancien guérillero dont de nombreux projets sociaux sont financés par des pétrodollars vénézuéliens.

Selon des chiffres officiels nicaraguayens, l'aide du Venezuela s'est élevée à 2 milliards de dollars depuis le retour au pouvoir de M. Ortega, en 2007.

Dans un souci de diversification de ses sources de financement, le Nicaragua se tourne ainsi de plus en plus vers la Chine, qui a fait part de son intérêt pour un projet de construction d'un canal entre les océans Atlantique et Pacifique, estimé à 30 milliards de dollars, ou dans le domaine des télécommunications.

Les relations économiques entre les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques en raison des liens du Nicaragua avec Taïwan, restent toutefois balbutiantes: elles se sont élevées à 17 millions de dollars en 2011.

Mais le gouvernement chinois "a montré de l'intérêt pour le projet du Grand canal interocéanique que nous avons initié et nous aussi allons continuer à démontrer notre ouverture", indique Laureano Ortega, fils du président de la République et responsable de l'agence officielle d'investissements ProNicaragua.

Pétrole à bas prix

Le président "Ortega se prépare à une éventuelle réduction de l'aide du Venezuela" en raison de "l'incertitude" sur l'avenir politique de Hugo Chavez, estime le député d'opposition et ex-vice-ministre des Affaires étrangères Victor Tinoco.

Selon lui, le gouvernement a pris "un virage" sur "tous les mégaprojets" qu'il prévoyait de financer avec des fonds vénézuéliens.

Le Venezuela est la deuxième destination des exportations du Nicaragua, après les Etats-Unis, pour un montant qui est passé de 30 à 302 millions de dollars entre 2007 et 2011, selon des données officielles.

Le principal candidat d'opposition vénézuélien, Henrique Capriles, a averti qu'en cas de victoire, il réviserait la politique de coopération de son pays à l'égard d'alliés comme le Nicaragua.

L'aide vénézuélienne est administrée par une entreprise bi-nationale, Albanisa, créée en 2007 et détenue à 51% par la compagnie pétrolière publique du Venezuela (PDVSA) et à 49% par son homologue du Nicaragua, Petronic.

Albanisa importe du pétrole du Venezuela - premier producteur d'Amérique latine et cinquième exportateur mondial - à prix cassé pour le revendre localement, les bénéfices servant à financer des projets du gouvernement Ortega.

Plusieurs filiales de cette joint-venture opérent dans pratiquement tous les champs économiques au Nicaragua: construction, commerce, agriculture, tourisme, services de sécurité, finances, industrie, télécommunications et énergie.

Parallèlement au projet de canal, dont les études préparatoires ont été confiées à une entreprise de Hong Kong, le pays envisage d'acheter, avec des financements chinois et à une entreprise locale, un satellite de télécommunications pour 300 millions de dollars.

L'intérêt des entreprises chinoises se porte également sur la téléphonie (Xinwei est sur les rangs pour obtenir une licence pour déployer un réseau mobile 4G) et l'énergie, avec un projet de construction de raffinerie et d'usine pétro-chimique par le goupe CAMC Engineering pour 6,5 milliards de dollars.

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