Almunia : l'Espagne doit dire rapidement si elle a besoin d'aide

Le commissaire européen Joachim Almunia, le 25 juillet 2012 à Bruxelles [Georges Gobet / AFP/Archives] Le commissaire européen Joachim Almunia, le 25 juillet 2012 à Bruxelles [Georges Gobet / AFP/Archives]

L'hésitation de Madrid sur une éventuelle demande d'aide globale est "très risquée", a estimé lundi le commissaire européen Joaquin Almunia, dans un entretien à l'AFP où il s'est montré confiant quant au respect du calendrier de mise en place de la supervision des banques européennes.

Au moment où des frictions se font jour dans la zone euro, notamment entre Berlin, de moins en mois favorable à une demande d'aide de Madrid, et Paris qui pousse dans le sens contraire, M. Almunia estime que "les autorités espagnoles doivent prendre une décision concernant un éventuel sauvetage".

Bien sûr, "il y a des pour et des contre", mais "ce qui est très risqué, c'est de maintenir l'incertitude", estime le commissaire espagnol. Pour lui, "le risque est à un moment donné que l'incertitude coûte plus cher que les décisions prises", même s'il "s'agit d'une décision difficile, quelle qu'elle soit", pour Madrid.

Le gouvernement espagnol assure n'avoir pas encore pris de décision, redoutant les conditions qui pourraient lui être imposées.

Sur ce point, M. Almunia a rappelé la position de la Commission, plutôt favorable à des conditions relativement peu sévères à l'égard de Madrid, qui s'est déjà vu accorder en juin une promesse d'aide de 100 milliards d'euros pour ses banques.

Il a rappelé que son collègue chargé des Affaires économiques "Olli Rehn a dit à maintes reprises que le type de conditions que Bruxelles a en tête serait de mettre en place un calendrier précis concernant les réformes découlant des conditions macroéconomiques faites par la Commission".

M. Almunia a par ailleurs fait part de sa confiance dans la mise en place dans les temps de la première étape de l'union bancaire européenne. Parmi les Etats européens, "il y a un consensus très large sur la nécessité d'avancer" vers cette union bancaire, surtout après la déclaration "solennelle" des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors du sommet fin juin.

La première étape de cette union bancaire consiste à mettre en place un mécanisme unique de supervision des banques dans la zone euro d'ici début 2013. Mais des divergences existent entre Européens, à la fois sur ce calendrier, que l'Allemagne juge trop serré au contraire de la France ou de l'Italie, et sur le rôle exact que devra jouer la Banque centrale européenne.

Pour M. Almunia, ces divergences ne sont pas à redouter. "Il y a des différences d'intérêts, différentes situations, différentes perspectives, mais je crois que le compromis, l'engagement pour faire la décision dans les temps (...) c'est-à-dire la fin de l'année, continue d'être là", dit-il.

"Là où il y a un peu plus de débats, c'est sur les deux autres piliers de l'union bancaire" qui doivent suivre la mise en oeuvre du superviseur unique: un système commun pour procéder à la liquidation ordonnée des établissements en faillite, et un système commun de garantie des dépôts, note le commissaire européen.

"Cela pose évidemment la question de la mutualisation" du financement de ces mécanismes, "et c'est une question politique majeure qu'il faut résoudre", souligne-t-il.

Quant aux appels à "plus d'Europe" qui se multiplient, ils sont souvent un moyen de ne pas régler les problèmes immédiats, selon M. Almunia. "Quand se posent des questions concrètes sur des politiques concrètes, ou que des décisions en attente nécessitent des réponses difficiles, il y a toujours la tentation de dire: discutons de l'avenir de l'Europe", fait remarquer M. Almunia.

"J'estime que l'avenir de l'Europe ne peut jamais être une fuite en avant qui nous détourne de ce dont nous avons vraiment besoin de discuter, d'analyser et de résoudre par des décisions".

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