Mario Monti veut donner un coup de fouet à la compétitivité

Le Premier ministre italien Mario Monti, le 24 septembre 2012 à Rome [Andreas Solaro / AFP] Le Premier ministre italien Mario Monti, le 24 septembre 2012 à Rome [Andreas Solaro / AFP]

L'Italie est l'un des rares pays développés où la productivité du travail a stagné ces dernières années et le chef du gouvernement Mario Monti a fait de ce handicap l'un des chantiers majeurs de son mandat, au risque de bousculer les partenaires sociaux.

M. Monti a saisi lundi l'occasion de la présentation à Rome d'un rapport de l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) développant ce thème pour réaffirmer son credo, selon lui vital si le pays, en pleine récession, entend s'extraire de la crise.

"Je reprends à mon compte le constat alarmant de l'OCDE", a-t-il déclaré au sujet de l'étude, qui montre l'Italie au dernier rang des pays développés en termes de gains de productivité depuis 1995, ce qui se traduit par un déclin relatif du PIB par habitant vis-à-vis des autres nations.

"Tandis qu'au cours de la décennie ayant précédé la crise, la productivité relative s'est généralement améliorée dans les pays concurrents en zone euro, en Italie, elle a stagné", a déploré M. Monti.

"Ce développement s'est généralisé et a frappé tous les secteurs. La distance entre nous et l'Allemagne, la France ou l'Espagne a progressivement augmenté", a-t-il noté.

Tandis que les autres pays méditerranéens et l'Irlande ont procédé au début de la crise à "un ajustement radical" du coût du travail (en abaissant les salaires, ndlr), l'Italie n'en a rien fait, a-t-il souligné.

Conséquence: la courbe de l'indicateur du coût du travail unitaire italien diverge de celle de la plupart des pays européens, dénotant "une moindre réponse des salaires réels à la récession et suggère une rigidité à la baisse dans la formation des salaires", note l'OCDE.

Et ceci "en dépit de plusieurs accords salariaux destinés à faire en sorte que les salaires évolueraient plus en ligne avec la productivité", relève l'étude.

Pour M. Monti, il s'agit là d'un "point-clé", qui démontre que les pouvoirs publics, en dépit de toutes les réformes entreprises ces derniers mois -- que l'OCDE a saluées-- ne peuvent pas seuls hisser l'Italie hors de la récession, et que entreprises et salariés doivent impérativement faire leur part du travail.

Ces dernières semaines, les partenaires sociaux ont été "encouragés à mettre ce thème de la productivité au centre de leurs négociations", a-t-il rappelé, invitant les intéressés à "aborder ce thème de façon courageuse et sans préjugés".

Des contacts initiaux entre syndicats et patronat ont déjà eu lieu à ce sujet et une rencontre la semaine prochaine permettra "d'entrer dans le vif du sujet", a indiqué lundi le président de l'organisation patronale Confindustria, Giorgio Squinzi.

La controverse sur l'avenir des usines Fiat en Italie, qui fait les gros titres depuis plus d'une semaine en Italie, pourrait bien resurgir à cette occasion.

M. Monti a précisé dans son discours lundi que le thème de la compétitivité avait été au coeur de sa rencontre de samedi avec le patron du constructeur Sergio Marchionne. Loin d'aider financièrement le groupe, il s'agit de créer un "contexte permettant de préserver une présence industrielle de Fiat en Italie", a-t-il précisé.

Selon des sources gouvernementales citées par l'agence Ansa, M. Monti entend utiliser ce dossier emblématique comme "bulldozer" dans les négociations entre entreprises et syndicats sur la compétitivité et prendre le pouls de leur détermination à faire avancer le dossier.

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