Le Premier ministre portugais s'inquiète de l'image de son pays

Des policiers encadrent une manifestation le 22 septembre 2012 à Lisbonne [Patricia de Melo Moreira / AFP/Archives] Des policiers encadrent une manifestation le 22 septembre 2012 à Lisbonne [Patricia de Melo Moreira / AFP/Archives]

Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho, confronté à une contestation croissante à sa politique de rigueur,s'est inquiété jeudi de l'image que pourrait donner son pays à l'étranger, et notamment face à ses créanciers.

"Il y a des problèmes qui s'accumulent au niveau européen", a déclaré le chef du gouvernement de centre-droit dans une allusion à la situation en Espagne et en Grèce. "J'aimerais beaucoup que le Portugal ne soit pas vu (comme étant) du côté des problèmes à régler", a-t-il ajouté.

"Si, pour une raison quelconque, le pays était placé de ce côté, le prix que nous aurons à payer pour surmonter cette situation serait encore plus élevé", a-t-il affirmé lors d'une conférence.

"Je souhaite que la volonté collective des Portugais soit suffisamment forte pour qu'à l'extérieur on comprenne que nous savons où nous voulons aller et ce que nous avons à faire", a-t-il ajouté alors que la principale confédération syndicale du pays, la CGTP, organise samedi à Lisbonne une nouvelle manifestation contre l'austérité.

Le Portugal a connu le 15 septembre dernier les plus grandes manifestations contre l'austérité depuis que le pays a reçu de l'Union européenne et du Fonds monétaire international une aide de 78 milliards d'euros.

Le mouvement lancé par des groupes citoyens sur les réseaux sociaux avait rassemblé des centaines de milliers de personnes dans les rues de Lisbonne et d'une trentaine de villes, sans toutefois provoquer d'affrontements violents comme ceux observés cette semaine à Madrid et Athènes.

Critiqué dans la rue, mais aussi par le patronat et son partenaire de coalition, M. Passos Coelho a ainsi dû abandonner son idée d'alléger les charges patronales en augmentant les cotisations sociales des salariés.

Malgré ce recul, il a indiqué lundi que le gouvernement envisageait désormais de nouvelles hausses d'impôts sur le revenu, le capital et le patrimoine afin de réduire l'important déficit du pays.

La sévère cure de rigueur imposée par le gouvernement sous tutelle de ses créanciers a provoqué cette année une forte récession économique et un chômage record sans pour autant permettre au pays d'atteindre ses objectifs budgétaires, qui viennent d'être assouplis avec l'accord de l'UE et du FMI.

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