EADS/BAE : une fusion qui butent sur l'entrée de Berlin au capital

Montage photo avec le logo d'EADS et celui de BAE Systems à côté d'un drapeau britannique [Christof Stache / AFP/Archives] Montage photo avec le logo d'EADS et celui de BAE Systems à côté d'un drapeau britannique [Christof Stache / AFP/Archives]

Les discussions avec les gouvernements sur une fusion entre les groupes d'aéronautique et de défense EADS et BAE Systems progressent mais butent encore sur la volonté de l'Allemagne d'entrer au capital, a-t-on appris mardi de sources proches de la négociation.

La fusion d'EADS, maison mère d'Airbus, avec le fabricant d'armement britannique BAE pour former un géant mondial, est "toujours réalisable", a déclaré à l'AFP un représentant de l'industrie qui suit les discussions.

En Allemagne, dont le gouvernement a exprimé des réserves sur le projet, "une majorité de gens dans tous les partis veulent que ça réussisse", a-t-il ajouté.

"On continue à faire des progrès", a déclaré une autre source proche des négociations, Berlin ayant enfin présenté à EADS ses demandes, portant essentiellement sur le maintien des emplois, de l'outil industriel et de la recherche sur son sol.

Berlin, Paris et Londres doivent approuver ce projet de fusion en raison notamment de ses implications stratégiques. Des discussions à trois ont eu lieu lundi, a ajouté cette source, sans entrer dans la teneur des ces pourparlers.

Mais l'idée que le gouvernement allemand entre au capital de la société qui naîtrait de la fusion au même niveau que la France, "est toujours sur la table", a constaté une autre source proche des négociations.

"Or, il n'en est pas question pour les Britanniques, et moins encore pour les Etats-Unis, gros clients de BAE Systems, qui n'accepteraient pas une augmentation significative de la participation des Etats chez un fournisseur du Pentagone", a-t-elle ajouté.

La France est actionnaire d'EADS à hauteur de 15% et entend rester au capital de la nouvelle société, où sa part serait ramenée mathématiquement à 9%.

"L'équilibre entre l'Allemagne et la France doit être conservé", répète-t-on dans les cercles gouvernementaux allemands.

Mais dans les discussions, "les Allemands affirment que ce sont les Français qui les pressent de monter au capital, alors que les Français nous disent qu'il n'en est rien", s'est étonné le représentant de l'industrie.

Malgré cette difficulté, "l'ambiance est prudemment positive", a-t-il ajouté, reprenant une formule favorite de Tom Enders, le patron d'EADS: "si c'était facile, d'autres que nous le feraient".

EADS et BAE Systems, qui ont dévoilé les grandes lignes de leur projet le 12 septembre, proposent à la France, à l'Allemagne et à la Grande-Bretagne une "action spéciale" qui leur permettrait de protéger leurs intérêts en bloquant toute prise de participation au delà de 15%.

L'Allemagne ne s'en contente pas et insiste sur une participation au capital à égalité avec Paris. EADS tente de la convaincre que cette participation, qui ne conférerait aucun droit de plus que l'action spéciale, serait en outre un investissement coûteux justifié uniquement par sa méfiance envers la France, explique-t-on de sources proches des négociations.

Berlin voudrait aussi que la future société ait un siège en Allemagne, poursuit-on. Les mêmes sources ajoutent que la solution pourrait être de placer le siège de la société à Toulouse, quartier général d'EADS, en maintenant certaines fonctions de direction en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Selon la législation britannique, les deux groupes ont jusqu'au 10 octobre pour présenter un projet détaillé de rapprochement. Ils ont la possibilité de demander une extension du délai mais ne le souhaitent pas.

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