Espagne : le chômage monte encore en septembre

Des Espagnols font la queue devant une agence pour l'emploi, le 4 septembre 2012 à Madrid [Dominique Faget / AFP/Archives] Des Espagnols font la queue devant une agence pour l'emploi, le 4 septembre 2012 à Madrid [Dominique Faget / AFP/Archives]

Le chômage en Espagne a encore augmenté en septembre avec 4,71 millions de demandeurs d'emploi, alors que la quatrième économie de la zone euro est sous pression du marché pour demander son sauvetage financier, a annoncé mardi le ministère du Travail.

Le pays a enregistré en septembre 79.645 chômeurs (+1,72%) de plus qu'en août, tandis que sur un an la hausse est plus prononcée, avec 478.535 demandeurs d'emploi supplémentaires (+11,32%), pour arriver à 4.705.279 chômeurs.

Selon l'Institut national de la statistique, qui utilise une méthode de calcul différente, le taux de chômage atteignait fin juin 24,63% (plus de 53% chez les jeunes), un record dans le monde industrialisé.

Le gouvernement table sur un taux, fin 2012, de 24,6%, puis sur une légère baisse en 2013, à 23,3%.

En septembre, le nombre de chômeurs a surtout augmenté dans les services (85.713 demandeurs d'emploi en plus), mais il a baissé dans l'agriculture (-2.633), la construction (-9.687) et l'industrie (-966).

La situation est dramatique pour beaucoup d'Espagnols: selon une étude publiée lundi par le syndicat UGT, près d'un million de personnes cherchent un emploi depuis plus de deux ans, soit 20,8% de plus qu'il y a un an.

L'Espagne, frappée par l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, a renoué avec la récession fin 2011, moins de deux ans après en être sortie.

Le gouvernement s'attend à un recul du PIB cette année de 1,5% puis de 0,5% en 2013. Il prévoit un retour à la croissance en 2014, avec une économie en progression de 1,2%, et de 1,9% en 2015.

Mais ces prévisions sont jugées optimistes par le marché: pour 2013, le Fonds monétaire international (FMI) table ainsi sur une baisse du PIB de 1,2%, l'agence de notation Standard & Poor's attend -1,4% et la banque Natixis est encore plus pessimiste, prédisant -2,2%.

Dans ce contexte, le pays est sous une forte pression du marché et d'une partie de ses partenaires européens pour solliciter son sauvetage financier, mais le gouvernement assure n'avoir pas pris sa décision, redoutant les strictes conditions qui lui seraient imposées en échange.

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