Parisot dénonce un "racisme" anti-entreprise

La présidente du Medef, Laurence Parisot, le 18 septembre 2012 à Paris [Eric Piermont / AFP/Archives] La présidente du Medef, Laurence Parisot, le 18 septembre 2012 à Paris [Eric Piermont / AFP/Archives]

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a alerté mercredi sur l'angoisse des patrons qui "est à son comble" et a dénoncé le "racisme" anti-entreprise qui minerait l'économie française, en pleine agitation provoquée par les tours de vis fiscaux du gouvernement.

"L'angoisse des dirigeants (d'entreprises) est aujourd'hui à son comble. De ma vie, je n'ai observé une telle inquiétude face à l'avenir", a déclaré Mme Parisot dans une interview à L'Expansion.

Selon elle, la France doit "de toute urgence instaurer de nouvelles conditions économiques et réglementaires pour éviter une catastrophe".

Elle a souligné que la crise actuelle s'est ajoutée "à des décennies de retard d'adaptation et de refus de mettre l'entreprise au coeur de toute politique économique".

Le gouvernement doit faire face à une fronde du monde de l'entreprise qui proteste contre les choix budgétaires du gouvernement qui, selon eux, alourdit leurs charges.

La présidente du Medef a également dénoncé le racisme anti-entreprise qui "mine l'économie française".

"Quand le maire de Toulouse ose utiliser l'expression de patron voyou, c'est du racisme", s'est-elle exclamée, en allusion aux déclarations du maire socialiste Pierre Cohen. Le 25 septembre, il avait dénoncé "un comportement de patron voyou", après l'annonce par le groupe pharmaceutique Sanofi d'une réorganisation qui devrait se traduire par la suppression de 900 postes d'ici 2015 en France.

"Toute généralisation disqualifiante d'un éventuel défaut individuel à une catégorie entière de personnes s'appelle du racisme", a-t-elle assuré.

Dans son interview, Mme Parisot a également critiqué l'intervention du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, après l'annonce en juillet de la fermeture de l'usine PSA d'Aulnay, au nord de Paris, et de la suppression de 8.000 postes de travail en France.

"Il est certain que ce qui a été dit avant l'été de la famille Peugeot marquera pour longtemps tous les chefs d'entreprise français. Chaque patron s'est senti attaqué comme s'il en était un membre", a-t-elle déclaré.

La patronne du Medef a également accusé le ministre de "créer des courts-circuits" en entrant directement en contact avec les représentants syndicaux dans les entreprises.

Elle a déploré que M. Montebourg, qu'elle décrit comme un homme à "deux visages", "soit partisan de la démondialisation", alors qu'il est chargé des relations avec les entreprises.

Le ministre avait notamment déclaré que le gouvernement avait un "vrai problème" avec la stratégie adoptée ces dernières années par le constructeur automobile privé PSA Peugeot Citroën.

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