BCE : réunion des gouverneurs, pas de baisse des taux à attendre

Le président de la BCE Mario Draghi le 25 septembre 2012 à Berlin [John Macdougall / AFP/Archives] Le président de la BCE Mario Draghi le 25 septembre 2012 à Berlin [John Macdougall / AFP/Archives]

Après les spectaculaires annonces du mois dernier, la Banque centrale européenne (BCE) va garder son principal taux inchangé jeudi et rester avare de détails sur son nouveau programme de rachat de dette lors de sa réunion de politique monétaire, estiment des analystes.

Le conseil des gouverneurs doit se réunir en Slovénie, dans le château de Brdo à proximité de la capitale Ljubljana.

"Si une baisse de taux pourrait facilement se justifier au regard de perspectives économiques sombres, nous pensons que la BCE n'est pas encore encline à tirer sa dernière balle", estime Carsten Brzeski, économiste d'ING.

Le président de l'institution monétaire de Francfort (ouest) Mario Draghi n'avait pas exclu une telle éventualité début septembre.

Mais depuis, les déclarations de ses lieutenants, comme la persistance d'un niveau d'inflation élevé en zone euro (2,7% en septembre, soit bien au-dessus de l'objectif de moyen terme de la BCE de la contenir sous les 2%), la rendent peu probable à court terme. "Il n'est absolument pas évident qu'une nouvelle baisse de taux soit nécessaire", a même déclaré récemment Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE.

Cédric Thellier, de Natixis, comme nombre de ses confrères, s'attend toutefois à ce que M. Draghi laisse la porte ouverte à une prochaine baisse de ce taux, fixé depuis juillet à 0,75%, soit son plus bas niveau historique.

Selon lui, elle pourrait intervenir "en décembre en parallèle avec la révision à la baisse des perspectives de croissance pour 2013 et une première estimation pour 2014 qui devrait s'avérer morose".

M. Draghi devrait également adopter une attitude attentiste concernant le nouveau programme de rachat de dette des Etats de la zone euro en difficulté, dit programme OMT, annoncé le mois dernier. Adopté face à l'envolée des taux d'emprunt de l'Espagne et l'Italie qui menaçaient de couper ces pays des marchés, il n'a toujours pas été enclenché.

Pour en bénéficier, les Etats sont contraints de faire appel à l'aide des fonds de secours européens, et donc se soumettre à un programme de réformes, sous le contrôle de ses partenaires, à l'image de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal.

Or Madrid, pressenti pour inaugurer ce nouveau programme après avoir déjà bénéficié d'une aide pour ses banques, ne semble pas se résoudre à en arriver à cette extrémité malgré les appels du pied de Paris et Bruxelles, entre autres.

Berlin, en revanche, ne paraît pas convaincu de la nécessité d'un plan d'aide pour le moment, rappelant les mesures d'austérité déjà adoptées par le gouvernement espagnol ainsi que la détente des marchés obligataires depuis l'annonce de l'OMT.

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