Grèce et supervision bancaire à l'agenda des ministres des Finances européens

Conférence de presse à l'issue de la réunion de la zone euro à Bruxelles, le 26 novembre 2012 [Jock Fistick / Pool/AFP/Archives] Conférence de presse à l'issue de la réunion de la zone euro à Bruxelles, le 26 novembre 2012 [Jock Fistick / Pool/AFP/Archives]

Les Européens préparent le terrain, lundi et mardi, en vue du sommet de mi-décembre, en tentant d'y voir plus clair sur le rachat de dette grecque, clé de voûte d'un nouvel accord pour venir en aide à Athènes, et en cherchant un consensus sur la supervision bancaire.

Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent lundi après-midi à Bruxelles et seront rejoints mardi par leurs homologues européens ne faisant pas partie de l'Union monétaire, pour une réunion chargée.

Après s'être mis d'accord en début de semaine sur les moyens d'alléger le fardeau grec, la zone euro va faire le point sur la complexe opération de rachat de dette prévue dans cet accord et sur laquelle elle mise beaucoup.

Il s'agit pour Athènes de racheter une partie de sa dette à des investisseurs privés sur une base volontaire et ensuite de l'effacer.

Le succès de cette opération est la condition posée par le FMI, un des créanciers publics de la Grèce, avant de soumettre le versement d'une nouvelle tranche d'aide à son conseil d'administration.

"Nous avons toujours su" que le FMI agirait ainsi et "nous respectons cette procédure", a assuré vendredi Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques, en marge d'un déplacement à New York.

Du côté européen, il a reconnu que cette opération, qui sera lancée lundi, était "une part importante du plan général" d'aide à la Grèce, mais n'a pas voulu dévoiler l'objectif de volume retenu.

"Si nous ratons notre objectif de peu, ça ne me fera ni chaud ni froid mais si ce n'est pas le cas, il faudra de nouveau nous réunir et faire face à une situation difficile", a confié un responsable européen sous couvert d'anonymat.

Se voulant confiant, il table sur une large participation du système financier grec à cette opération, même si les principales banques du pays se montrent inquiètes après avoir déjà subi d'importantes pertes lors de l'effacement en mars de plus de 50% de la dette grecque qu'elles détenaient.

Le ministre grec des Finances Yannis Stournaras en conférence de rpesse à Athènes, le 28 novembre 2012 [Angelos Tzortzinis / AFP/Archives]
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Le ministre grec des Finances Yannis Stournaras en conférence de rpesse à Athènes, le 28 novembre 2012
 

Les premiers résultats du rachat de dette sont attendus le 13 décembre, date du prochain sommet européen.

A l'Eurogroupe, les ministres prévoient également une discussion sur le sauvetage de Chypre, afin d'aboutir à une "décision finale le plus tôt possible", a indiqué M. Rehn, prévenant qu'il y a encore du travail à faire.

"Le problème est qu'actuellement, il n'y a pas de vision réelle des besoins de l'île", a confié un diplomate européen. Résultat, "nous attendons une présentation exhaustive et transparente de la situation économique de Chypre".

Mardi, les ministres des 27 tenteront d'avancer sur deux sujets liés au secteur bancaire : la mise en place d'un superviseur unique en zone euro confiée à la Banque centrale européenne et le cadre réglementaire "Bâle III", dont l'entrée en vigueur à compter du 1er janvier 2013 semble compromise.

Pour le superviseur bancaire, les 27 doivent trouver un compromis qui prenne en compte les desiderata des pays non-membres de la zone euro, comme la Suède, qui veulent participer au mécanisme et avoir leur mot à dire. Ils doivent également s'entendre sur la question de la supervision des petites banques qui pourrait se faire au niveau local, sous certaines conditions.

Il existe quasiment un compromis au niveau technique, "il faut maintenant la volonté politique", a estimé une source diplomatique européenne.

Les Européens devront également tenter de se mettre d'acccord sur les nouvelles normes du secteur bancaire, dont les travaux ont pris du retard, et envisager de modifier le calendrier initial.

"Faut-il reporter ? Très probablement", avance un diplomate, mais les Européens pourraient adopter certaines dispositions dès janvier, suggère-t-il.

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