Auto : Dongfeng, futur partenaire de Renault en Chine

Présentation d'un modèle de voiture électrique sur le stand Dongfeng au salon de l'auto de Pékin, le 23 avril 2012 [Ed Jones / AFP/Archives] Présentation d'un modèle de voiture électrique sur le stand Dongfeng au salon de l'auto de Pékin, le 23 avril 2012 [Ed Jones / AFP/Archives]

Le groupe étatique Dongfeng Motor Corporation (DFM) multiplie les partenariats avec les constructeurs étrangers pour augmenter sa part de marché en Chine, et va bientôt s'allier à Renault, tout en ayant déjà une coentreprise avec son concurrent PSA Peugeot Citroën.

Neuvième constructeur mondial en 2011, Renault est le seul des dix premiers à ne pas faire assembler de véhicules en Chine.

Fondé durant la Révolution culturelle en 1969, Dongfeng, dont le nom signifie "vent d'Est", est basé à Wuhan, la grande métropole du centre du pays, choisie à l'époque pour mettre l'industrie chinoise à l'abri d'une éventuelle attaque venue de l'océan.

Avec 3,07 millions de véhicules vendus en 2012, DFM se classe au deuxième rang derrière Shanghai Automotive Industry Corporation (SAIC), le grand allié de Volkswagen et General Motors, et devant First Automotive Works (FAW), le partenaire chinois de Toyota et de VW-Audi, selon l'Association chinoise des constructeurs automobiles (CAAM).

Mais Dongfeng a noué plus d'alliances qu'aucun autre groupe du secteur et fabrique des Honda, des Nissan, des Kia, des Luxgen, avec le taïwanais Yulon, des Peugeot, des Citroën et donc bientôt des Renault.

Résultat de cet éclatement, seule une de ces coentreprises, Dongfeng Nissan, se classe parmi les dix premières marques sur le marché chinois, avec 773.000 voitures écoulées en 2012, contre 440.000 pour Dongfeng Peugeot Citroën.

La future usine de Dongfeng Renault devrait dans un premier temps produire 150.000 véhicules par an, selon le Bureau de l'environnement de la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale.

Le groupe Renault-Nissan "veut une ligne de produits séparée en Chine et ne veut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier", souligne Namrita Chow, analyste du secteur chez IHS Global Insight à Shanghai.

La décision d'un retour en Chine de la marque au losange est antérieure à la détérioration depuis septembre des relations sino-japonaises en raison d'une dispute territoriale, qui a provoqué une chute des ventes de voitures japonaises en Chine.

Sur une chaîne de l'usine d'assemblage Dongfeng Peugeot Citroën à Wuhan, le 11 avril 2012 [Goh Chai Hin / AFP/Archives]
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Sur une chaîne de l'usine d'assemblage Dongfeng Peugeot Citroën à Wuhan, le 11 avril 2012
 

Mais cette crise pourrait avoir accéléré les choses, selon John Zeng, directeur du cabinet de consultants spécialisé LMC Automotive Consultants, selon qui la situation "a créé un risque pour la marque Nissan en Chine" alors que "les constructeurs automobiles chinois veulent augmenter leur part de marché en s'alliant avec des marques internationales".

Ce qui intéresse Dongfeng, "c'est moins le fait que Renault est un constructeur français que le potentiel de développement supplémentaire" qu'il représente, estime aussi Klaus Paur, directeur mondial basé à Shanghai de la division automobile d'Ipsos.

De plus, la marque au losange, qui vend sur le marché chinois des 4X4 Koleos fabriqués en Corée du Sud, "a un positionnement plus haut de gamme que Peugeot Citroën en Chine grâce à son statut d'importateur", estime M. Paur.

Autre atout, Renault dispose encore d'une licence de production grâce à son ancienne coentreprise avec Sanjiang, qui a arrêté la production en 2003, après le fiasco d'une première tentative d'implantation. Or une telle licence est très longue et difficile à obtenir, souligne Mme Chow.

Sanjiang Renault fabriquera à l'avenir des moteurs et des boîtes de vitesse pour Dongfeng Renault, selon un responsable de Sanjiang cité cette semaine par un journal de la province du Hubei, le Chutian Jinbao.

Contacté par l'AFP, un responsable de Dongfeng n'a pas voulu s'exprimer sur le sujet avant que l'accord soit officiellement annoncé.

Outre son activité dans les voitures, DFM, déjà numéro deux des poids-lourds en Chine, vient de former avec Volvo une alliance qui devrait, selon le suédois, propulser le nouvel ensemble à la première place mondiale, même si les chiffres pour 2011 font encore apparaître une importante avance de Daimler.

Dans le même temps, Nissan s'est désengagé de sa coentreprise dans les poids-lourds avec Dongfeng, qui a racheté les parts du constructeur japonais.

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