Thatcher : symbole d'un ultralibéralisme qui a mené à la crise actuelle

Les Unes de journaux annonçant la mort de Margaret Thatcher, le 9 avril 2013 à Hong Kong [Philippe Lopez / AFP] Les Unes de journaux annonçant la mort de Margaret Thatcher, le 9 avril 2013 à Hong Kong [Philippe Lopez / AFP]

De nombreux éditorialistes mettent l'accent mardi sur le fait que l'ex-Premier ministre britannique Margaret Thatcher, décédée lundi, symbolisait un ultralibéralisme dont les échecs sont "avérés", notamment à la lumière de la crise actuelle en Europe.

"C'est bien la Dame de fer qui, la première dans un des grands pays occidentaux, aura mis en oeuvre des politiques telles que les privatisations, la déréglementation sociale ou la libéralisation financière", rappelle Guillaume Goubert (La Croix). L'éditorialiste du quotidien catholique souligne que la mort de "Maggie" intervient "à un moment où la mondialisation financière suscite une hostilité de plus en plus répandue."

"La crise des années 2000 est aussi la crise du thatchérisme que ses suppôts portèrent aux extrêmes", renchérit François Sergent dans Libération, rappelant que "les gueules noires, les Argentins, les grévistes de la faim irlandais furent les victimes" d'une femme politique qui "porta le nationalisme aux limites du chauvinisme et de la xénophobie antieuropéenne."

Seul l'éditorialiste du Figaro (Pierre Rousselin) se livre à une véritable apologie du thatchérisme. "Elle laisse un héritage valable bien au-delà des îles Britanniques et des frontières idéologiques : conduite par des idées claires et une détermination sans faille, une démocratie occidentale peut réussir son redressement", écrit-il, n'hésitant pas à affirmer que "la France et l'Europe d'aujourd'hui auraient bien besoin de dirigeants de sa trempe."

Pour Jean Levallois (La Presse de la Manche), la méthode Thatcher peut se résumer à une "chirurgie sans anesthésie, immédiate et totale". "La fermeture des mines de charbon, en quelques mois, la réduction des aides sociales ou des retraites, ont été un électrochoc terrible pour une partie de la population", insiste-t-il.

Mme Thatcher "aura conduit la politique la plus outrageusement avantageuse pour les plus fortunés de son pays, la plus favorable à ce capitalisme financier qui a gangrené l'économie mondiale", accuse Jean-Michel Helvig (La République des Pyrénées). "Elle l'aura fait avec un tel zèle idéologique qu'elle aura fini par menacer électoralement son propre parti qui l'a poussée à la démission, après qu'elle a voulu imposer une +poll tax+ qui revenait à moins imposer en proportion les riches que les pauvres", poursuit-il.

Mais ses "héritiers et les avatars restent pourtant légion qui empruntent à l'alphabet libéral de la +Dame de fer+ devenu la marque d'une gouvernance mondiale laissée aux marchés financiers", déplore Dominique Garraud (La Charente Libre), citant notamment Nicolas Sarkozy et ses "diatribes thatchériennes contre un +assistanat+ détruisant la valeur travail". "Et face à la crise, le FMI, la BCE et l'Union européenne", poursuit l'éditorialiste, imposent des "cures d'austérité aussi brutales et socialement dévastatrices que la thérapie de choc imposée par Margaret Thatcher aux Britanniques dans les années 80."

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