Lagardère content d'avoir bien géré le dossier EADS

Arnaud Lagardère à Paris, le 3 mai 2013 [Eric Piermont / AFP] Arnaud Lagardère à Paris, le 3 mai 2013 [Eric Piermont / AFP]

Arnaud Lagardère, gérant du groupe du même nom, s'est félicité vendredi devant les actionnaires d'avoir bien vendu leur participation dans EADS, en leur promettant de rester pendant "20 à 30 ans" aux commandes d'un groupe qui sera "aussi performant sans EADS".

Lagardère a cédé "au bon moment et proprement" --pour 1,18 milliard d'euros-- ses 7,4% de parts dans le géant de l'aéronautique, "sans céder aux pressions" des médias et des analystes, a-t-il dit en ouvrant l'assemblée générale annuelle du groupe.

Puis, d'évoquer "l'enfant EADS qui a quitté la maison en étant le premier de la classe". Grâce à la réussite de ce fleuron de l'industrie européenne, l'Etat français actionnaire (auquel la vente de titres EADS a déjà rapporté près de 1,2 milliard d'euros,NDLR) "s'est enrichi, et tous les contribuables français se sont enrichis avec vous et moi", a-t-il ajouté.

Lagardère versera à ses actionnaires dès le mois de mai un dividende exceptionnel de 9 euros par action. Son patron, propriétaire de 9,62% du capital de sa société empochera, lui, environ 113 millions d'euros.

Pour les "dix années à venir", Arnaud Lagardère a défini la feuille de route qui permettra selon lui au groupe de rester "aussi performant sans EADS".

Depuis le décès en 2003 du fondateur, son père "Jean-Luc", "on a parcouru un chemin immense", et "j'en ai encore pour au moins 20 à 30 ans de bonheur avec vous", a promis Arnaud Lagardère.

Il y a d'abord les activités non stratégiques dont la société va continuer à "se désengager" notamment dans la distribution de presse, la télévision et le magazine, après les récentes cessions de la presse magazine à l'international (PMI) et des activités de radio en Russie.

Quant à l'épineux dossier Canal+, Arnaud Lagardère est revenu sur ses propos au Monde, la veille, où il se disait "prêt" à racheter à Vivendi les 80% de sa filiale Canal+ France, dont Lagardère détient 20%.

"On n'a jamais dit qu'on le ferait tout seul", a-t-il nuancé, en soulignant que "31% suffiraient" pour avoir le contrôle de Canal + France qu'il cherche à céder au prix fort à la maison mère après plusieurs tentatives avortées de mise en Bourse.

"Mais l'idée est bien évidemment de céder" cette participation de 20%, a-t-il aussitôt ajouté, en soulignant que Lagardère la valorise aujourd'hui à 1,15 milliard d'euros.

Canal+ France, qui fait actuellement l'objet d'un litige entre Lagardère et Vivendi, regroupe les activités de télévision payante de Canal+ en France métropolitaine, dont la chaîne du même nom et des chaînes thématiques comme Planète et Comédie.

Estimée au départ à 300 millions d'euros, la trésorerie de Canal+ France aurait atteint 1,6 milliard d'euros à fin décembre 2012, sans le moindre retour de dividendes pour Lagardère, selon ses avocats.

A un actionnaire curieux de savoir si Lagardère était candidat à la reprise de Dailymotion, dont la vente à Yahoo! vient d'être stoppée par le gouvernement français, il a répondu: "nous sommes adeptes de Dailymotion, mais c'est une entreprise qui ne nous intéresse pas". Et d'ajouter: "mais nous sommes contents qu'elle reste française!".

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