Chypre devrait pouvoir renouer avec la croissance en 2015

La directrice générale du FMI Christine Lagarde, le 14 septembre 2012 à Nicosie [Yiannis Kourtoglou / AFP/Archives] La directrice générale du FMI Christine Lagarde, le 14 septembre 2012 à Nicosie [Yiannis Kourtoglou / AFP/Archives]

Chypre devrait pouvoir renouer avec la croissance en 2015, après trois ans de profonde récession, mais à condition de respecter un programme d'austérité sévère, a estimé le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport publié vendredi.

En mars, le FMI a accepté de participer à hauteur de un milliard d'euros à un plan de sauvetage européen de l'île méditerranéenne, auquel l'Union européenne et la Banque centrale européenne apporteront 9 milliards d'euros pour éviter une faillite de l'économie sous le poids de la dette des banques et de l'Etat.

Dans son rapport, le FMI salue les efforts du gouvernement chypriote pour restructurer l'économie du pays, et en particulier son secteur bancaire plombé par son exposition à la dette grecque, tout en prévenant qu'il faudra aller encore plus loin pour garantir une stabilité à long terme.

Selon le rapport, l'économie devrait plonger de 8,7% cette année, puis régresser encore de 3,9% en 2014, avant une croissance modeste de 1,1% en 2015.

Parallèlement, le taux de chômage devrait atteindre 15,5% fin 2013 puis 16,9% en 2014, avant de redescendre en 2015 à 14,6%, son niveau de début 2013.

Les prévisions du FMI pour 2013 et 2014 sont les mêmes que celles récemment publiées par la Commission européenne, qui ne s'était pas prononcée pour 2015.

En contrepartie du plan de sauvetage, Chypre doit dégager 13 milliards d'euros grâce à une série de mesures pour la plupart déjà en cours: restructuration drastique du système bancaire, hausses d'impôts, baisse des dépenses publiques et privatisations.

Le président chypriote Nicos Anastasiades, le 25 mars 2013 à Nicosie [Petros Karadjias / Pool/AFP/Archives]
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Le président chypriote Nicos Anastasiades, le 25 mars 2013 à Nicosie
 

Le rapport du FMI souligne "la détermination exceptionnelle" du président chypriote Nicos Anastasiades et de son gouvernement à faire face à la crise, épargnant à la zone euro un "accident potentiel aux conséquences inconnues".

Mais "il faudra du temps pour que l'économie s'ajuste aux profondes modifications structurelles de son secteur financier", reconnaît le FMI.

Restrictions "inévitables"

"Les risques macroéconomiques restent inhabituellement élevés, compte tenu des incertitudes sur l'impact de la crise bancaire et de la consolidation budgétaire sur l'activité économique", prévient le Fonds.

Les inquiétudes portent aussi sur "la forte dépendance de la plus grande banque (Bank of Cyprus) envers la banque centrale, l'augmentation des prêts non-performants et l'impact à venir des restrictions administratives (mises en place pour éviter une fuite des capitaux), mais aussi les conséquences possibles de leur levée prématurée".

De plus, "la détermination politique à mettre en place tous les aspects du programme pourrait faiblir", ce qui risquerait d'aggraver la dette publique et de rendre nécessaires "de nouvelles mesures financières pour garantir que la dette reste soutenable".

Revenant sur les restrictions "inévitables" imposées aux mouvements de capitaux, le FMI prévient qu'elles risquent "d'étouffer l'économie réelle si elles se prolongent" et qu'il est donc "primordial de les surveiller et de les relâcher en fonction de la capacité des banques à créer des réserves de liquidités".

Sur les finances publiques, le FMI salue les "pas impressionnants" du gouvernement, qui a fait adopter un budget prévoyant des mesures d'austérité pour les trois prochaines années, mais prévient qu'il faudra faire plus d'efforts encore, surtout en matière de réduction des dépenses.

Et toutes les mesures devront être appliquées, insiste le FMI, mettant en garde contre tout "dérapage".

Malgré tout, cette rigueur pourrait ne pas suffire, reconnaît le FMI, en expliquant d'une part que la récession pourrait "être plus grave que prévue" et rendre la dette difficilement soutenable, et d'autre part que le secteur bancaire n'était pas à l'abri de "nouvelles pressions".

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