Le grand oral des candidats à la succession de Parisot

L'actuelle présidente du Medef Laurence Parisot quitte Matignon, le 22 mai 2013 à Paris [Kenzo Tribouillard / AFP] L'actuelle présidente du Medef Laurence Parisot quitte Matignon, le 22 mai 2013 à Paris [Kenzo Tribouillard / AFP]

Les cinq candidats à la succession de Laurence Parisot à la tête du Medef, avec pour favori Pierre Gattaz, passent jeudi un grand oral décisif devant le conseil exécutif du Medef pour obtenir le plus grand nombre possible d'avis favorables de ses 45 membres.

Les cinq hommes auront chacun séparément une demi-heure pour convaincre, vingt minutes d'exposé de leur profil et projets et dix minutes de questions entre 09H00 et midi au siège du Medef à Paris, précise-t-on au Medef.

Le conseil ne sera pas au complet mais tous ses membres voteront le 3 juin pour leur candidat préféré à la présidence de la plus grande organisation patronale de France.

L'avis soumis à l'Assemblée générale, dont les 560 membres votants doivent se prononcer le 3 juillet, devrait prendre la forme du nombre de voix remportées par chacun.

Pierre Gattaz, 53 ans, président du groupe des fédérations industrielles (GFI), semble pour l'instant faire figure de favori potentiel. Le 18 avril, il a obtenu le soutien de la puissante fédération de la métallurgie (UIMM) qui organise à chaque élection une sorte de primaire.

La Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), qui pèse elle aussi un poids important, a également apporté son soutien au PDG de Radiall, fabricant de connecteurs électriques et grand exportateur.

De G à D et de haut en bas, Pierre Gattaz, Patrick Bernasconi,  Geoffroy Roux de Bézieux, Hervé Lambel et Thibault Lanxade, candidats à la présidence du Medef, photo montage réalisé le 8 mai 2013 [Bertrand Guay / AFP]
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De G à D et de haut en bas, Pierre Gattaz, Patrick Bernasconi, Geoffroy Roux de Bézieux, Hervé Lambel et Thibault Lanxade, candidats à la présidence du Medef, photo montage réalisé le 8 mai 2013
 

Ce fils de l'ex-patron des patrons Yvon Gattaz (1981-86) se présente en "candidat du terrain" et "de conquête". Il se montre notamment offensif contre les 35 heures qui, disait-il récemment, "nous polluent la vie", sur l'âge de la retraite ou la fiscalité des entreprises.

Se voulant "missionnaire de l'économie" il ambitionne de "rapprocher les mondes". Il suggère un stage obligatoire d'un an en PME pour les énarques ou la généralisation du programme de "classe en entreprise" qu'il pratique dans sa société afin de provoquer des rencontres entre élèves et salariés, professeurs et salariés.

"Une société du risque

Appelant à une baisse des dépenses publiques, il insiste pour que le Medef prépare étroitement avec le gouvernement les projets de budget. L'ordre de passage tiré au sort le place en quatrième.

Patrick Bernasconi, 57 ans, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) sera auditionné en premier. Cet ancien proche de Mme Parisot, a négocié avec les syndicats nombre d'accords épineux, dont celui du 11 janvier sur le marché du travail.

Lui aussi fustige la loi sur les 35 heures qu'il qualifie d'"erreur historique" et plaide pour que le temps de travail hebdomadaire soit décidé de manière conventionnelle dans les entreprises. Il se dit partisan de "l'écoute, qui passe par le dialogue" et y voit "une vraie différence" avec Pierre Gattaz.

Le siège du Medef à Paris, le 18 mars 2009 [Jacques Demarthon / AFP/Archives]
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Le siège du Medef à Paris, le 18 mars 2009
 

L'autre candidat du trio de tête, Geoffroy Roux de Bézieux, 50 ans, vient lui des services, comme Mme Parisot. Vice-président de la Fédération française des télécommunications (FFT), patron d'Omea (Virgin Mobile), il se dit également très attaché au dialogue social, rappelant qu'il a présidé l'Unedic.

M. Roux de Bézieux, qui sera auditionné en deuxième, critique vivement les réformes successives des retraites en France. Il prône "l'initiative privée" et "une société du risque", s'insurge contre "l'utilisation abusive du +principe de précaution+".

Il sera suivi de Thibault Lanxade, 42 ans, patron de la PME Aqoba, spécialisée dans les cartes de paiement "sur mesure" a réclamé que les partenaires sociaux disposent d'un droit de veto sur les candidats aux ministères.

Dernier dans l'ordre de passage, le candidat le moins connu, Hervé Lambel, 48 ans, patron de HLDC, société spécialiste des services aux entreprises et la production audiovisuelle. M. Lambel se distingue notamment par sa demande de suppression de la TVA interentreprises pour lutter contre les problèmes de trésorerie.

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