Le PDG de Carrefour s'alarme de la guerre des prix

Le PDG de Carrefour Georges Plassat, le 30 août 2012 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives] Le PDG de Carrefour Georges Plassat, le 30 août 2012 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]

Le PDG de Carrefour, Georges Plassat, a mis en garde contre le risque de voir dégénérer en "désastre" la guerre des prix à laquelle se livrent les distributeurs français, dans une interview à l'hebdomadaire professionnel LSA, qui fait référence dans le secteur.

"La distribution a un rôle à jouer dans l'accessibilité des prix, mais si on continue comme ça, on va au désastre", avertit M. Plassat.

Selon lui, "la bataille des prix, ça se termine sur des ruines", avec à la clé "baisse des investissements, réduction des emplois, déclin de l'innovation et de la recherche".

Depuis plusieurs mois, les grands distributeurs français se livrent à une féroce guerre des prix, à coups de campagnes de pubs et de comparateurs, destinés à démontrer que chacun est le moins cher, après avoir engagé des baisses de tarifs.

"Tout le monde parle d'indices de prix et de parts de marché. Tous les jours, toutes les semaines, tous les mois. Ca n'a pas de sens", juge Georges Plassat.

Certes "le prix est incontournable" et "il n'y pas d'impasse à faire sur la politique de prix" qui doit rester "stable (...), mais il n'y a pas que le prix", a estimé le PDG, mettant en avant "la qualité de l'offre, du management et l'écoute des clients".

"Ne sous-estimons pas la clairvoyance des consommateurs" à propos des comparateurs de prix, a-t-il ajouté.

Le patron de Carrefour réfute l'idée qu'une baisse de prix pourra être compensée par une hausse des volumes. "On ne va pas se gaver de pommes parce que leur prix a baissé de 0,20 euro au kilo", argumente-t-il, estimant que "le prix doit aujourd'hui reconnaître la valeur ajoutée de chacun".

Revenant sur la question du prix du lait et les difficultés rencontrées par les éleveurs, le PDG de Carrefour a semblé ne pas être opposé à une augmentation. "Il faut sortir de la crise. Quel consommateur réfute l'idée de payer son lait 2 centimes de plus au litre s'il sait que les agriculteurs qui le produisent vont vivre décemment de leur métier ?", a-t-il dit.

Enfin, interrogé sur la question de la réforme de la LME (loi de modernisation de l'entreprise) avec l'introduction d'un volet agricole et PME, comme le propose notamment Système U, Georges Plassat a répondu qu'il "adhér(ait) à beaucoup d'idées qui sont actuellement développées", tout en fustigeant le fait "qu'il faille toujours légiférer au lieu de faire appel à la maturité des gens".

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