Réunion de la dernière chance sur la réorganisation de la Banque de France

Un balcon de la Banque de France, à Paris, lors d'une manifestation des salariés contre les suppressions de postes le 29 janvier 2013 [Lionel Bonaventure / AFP/Archives] Un balcon de la Banque de France, à Paris, lors d'une manifestation des salariés contre les suppressions de postes le 29 janvier 2013 [Lionel Bonaventure / AFP/Archives]

Les représentants des salariés de la Banque de France ont vu leur espoir vendredi de faire plier la direction sur son vaste projet de réorganisation s'amenuiser au fil de l'ultime réunion du comité central d'entreprise (CCE), consacré au plan qui prévoit de 1.700 à 2.100 suppressions de postes d'ici à 2020.

L'institution bicentenaire, qui emploie 13.000 agents, projette une modification en profondeur d'ici à 2020 de son organisation avec notamment la fermeture de caisses en région. Cette réorganisation a été décidée pour accompagner le "choc démographique" de 5.000 départs à la retraite anticipés avant cette date.

Le gouverneur Christian Noyer et le sous-gouverneur Robert Ophele, qui a piloté ce projet, ont présenté dans la matinée le plan final de la réorganisation, selon les syndicats. Ce plan inclut des aménagements négociés au cours des différentes réunions qui ont précédé l'ultime CCE.

"Ils ont réexpliqué aux élus du CCE leur logique", a indiqué Franck Lambert, délégué du SNA, premier syndicat à la Banque de France. Mais, a-t-il ajouté, "sur la remise en cause de la cartographie, il n'y a rien de changé pour le moment. Le gouverneur n'a fait aucune annonce". Il a seulement indiqué que l'institution mettrait les moyens financiers nécessaires pour permettre aux agents dont les sites fermeront d'aller vers les sites pérennes, selon le syndicaliste.

"Leur décision est actée malgré les avis défavorables du CCE", a-t-il affirmé.

"Absence totale de dialogue"

Pour la CGT, qui a refusé d'émettre un avis, "il y a eu une absence totale de dialogue ce matin." "Le gouverneur a à peine écouté ce que les élus disaient", selon le représentant CGT Denis Durand.

"Il y a une absence totale de loyauté et sincérité dans la façon dont le gouverneur aborde l'ordre du jour du CCE d'aujourd'hui", a-t-il estimé. "Cela veut dire que rien n'est réglé. Le combat va continuer et partout où le gouverneur va tenter de supprimer des emplois ou de réduire l'activité, il y aura des actions dans les semaines et les mois qui viennent", a-t-il averti.

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, le 28 mars 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP/Archives]
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Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, le 28 mars 2013 à Paris

Il n'a pas exclu le recours à une procédure judiciaire, évoquant notamment une absence d'information sur les risques psycho-sociaux induits par le plan de restructuration sur les salariés de la Banque de France.

Un porte-parole de la direction a estimé, pour sa part, qu'il y avait eu "un vaste mouvement de porte ouverte au dialogue depuis le début". Elle a fait valoir que la réorganisation visait à faire face au choc démographique de 5.000 départs à la retraite mais "sans toucher aux missions" de la Banque.

"Dès le départ, il a toujours été acté que la réforme préserverait le contact avec le public", a-t-elle affirmé.

Dans l'après-midi, le PSE pour 2013-2015 devait être examiné. Il concerne 176 personnes dont les postes vont disparaître dans le cadre des 15 fermetures de caisses prévues entre 2013 et 2020.

Les salariés de la Banque, qui ont fait grève à plusieurs reprises contre le projet, ont en outre lancé un appel au président François Hollande. Ils ont dénoncé dans une lettre de l'intersyndicale de la Banque la "grave menace" que le plan fait, selon eux, planer sur les usagers.

"Nous ne pouvons comprendre la logique d'une telle dévitalisation de la présence de notre institution dans les territoires et les bassins d'emplois", explique le personnel dans cette lettre. "Ce serait là sacrifier un outil essentiel pour combattre la crise financière et mettre en oeuvre une politique de croissance en France et en Europe", ajoute-t-il dans sa lettre.

De nombreux élus ont apporté leur soutien aux salariés de la Banque.

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