Tapis rouge à Berne pour le Premier ministre chinois

Le Premier ministre chinois  Li Kepiang (G) et le président suisse Ueli Maurer, le 24 mai 2013 à Kehrsatz près de Berne [Fabrice Coffrini / AFP] Le Premier ministre chinois Li Kepiang (G) et le président suisse Ueli Maurer, le 24 mai 2013 à Kehrsatz près de Berne [Fabrice Coffrini / AFP]

La Suisse, qui espère devenir la tête de pont des entreprises chinoises en Europe, a déroulé le tapis rouge vendredi à Zurich et à Berne pour le Premier ministre chinois Li Kepiang.

Le point d'orgue de cette visite a été la signature du memorandum sur un accord de libre-échange entre la Chine et la Suisse vendredi à Berne.

"Congratulations" s'est exclamé Li Kepiang, au moment de la signature du memorandum par les ministres chinois et suisse de l'économie.

Cet accord avec la Suisse est le premier conclu par la Chine avec l'une des 20 premières économies mondiales.

"La Chine est notre principal partenaire en Asie", a déclaré pour sa part le ministre suisse de l'économie Johann Schneider-Ammann.

C'est la première fois que Li Kepiang se rend en Europe depuis sa prise de fonctions en mars dernier. Il connaît cependant déjà la Suisse pour s'être rendu à Zurich en 2010.

Le gouverneur de la banque centrale chinoise  Zhou Xiaochuan (G) et le ministre de l'Economie suisse  Johann Schneider-Ammann (D), le 24 mai 2013 à Kehrsatz près de Bern [Fabrice Coffrini / AFP]
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Le gouverneur de la banque centrale chinoise Zhou Xiaochuan (G) et le ministre de l'Economie suisse Johann Schneider-Ammann (D), le 24 mai 2013 à Kehrsatz près de Bern

Arrivé jeudi soir à Zurich, le Premier ministre chinois a annoncé le lendemain matin, devant un parterre de chefs d'entreprises et de banquiers suisses qu'un dialogue financier entre les deux pays était lancé.

La Suisse espère désormais signer officiellement en juillet prochain l'accord de libre-échange avec la Chine, selon Johann Schneider-Ammann.

"Il fait bon de se retrouver entre amis", a notamment déclaré le ministre suisse au dirigeant chinois.

De son côté, le Premier ministre chinois a souligné que la Suisse est une "place financière mondiale". Le président de la Banque nationale suisse Thomas Jordan a répondu que les banques chinoises étaient les bienvenues en Suisse.

Concernant l'accord de libre-échange, Li Keqiang a rappelé que les discussions ont démarré lors de sa visite de 2010, alors qu'il était encore vice-Premier ministre.

Par cet accord, a ajouté le Premier ministre, la Chine prouve sa volonté d'ouverture.

Le Premier ministre chinois Li Kepiang (2eG) accueilli par le ministre des Affaires étrangères suisse Didier Burkhalter  à Zurich, le 23 mai 2013 [Fabrice Coffrini / AFP]
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Le Premier ministre chinois Li Kepiang (2eG) accueilli par le ministre des Affaires étrangères suisse Didier Burkhalter à Zurich, le 23 mai 2013

Le PIB par habitant de son pays reste encore très faible en comparaison avec les économies avancées et le chemin vers la modernisation est encore long, a-t-il poursuivi.

La Chine a conclu à ce jour des accords de libre-échange avec 19 pays et régions.

Les échanges commerciaux entre la Chine et la Suisse se sont élevés à 26,3 milliards de dollars. Sur ce montant 22,8 milliards de dollars représentent les exportations de la Suisse vers la Chine.

La Suisse est un des rares pays occidentaux à avoir un excédent commercial avec la Chine.

A titre de comparaison, les exportations allemandes vers la Chine se sont élevées en 2012 à 86 milliards de dollars, et les importations allemandes en provenance de Chine à 99,8 milliards.

La Suisse exporte des montres, des produits chimiques et pharmaceutiques, ainsi que des machines vers la Chine. Elle importe de Chine des textiles, des machines et des produits alimentaires.

Pour cette visite du dirigeant chinois, la police suisse a déployé d'importants moyens pour éviter tout incident.

Des sympathisants de la cause tibétaine manifestent à Berne à l'occasion de la venue du Premier ministre chinois, le 24 mai 2013 [Fabrice Coffrini / AFP]
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Des sympathisants de la cause tibétaine manifestent à Berne à l'occasion de la venue du Premier ministre chinois, le 24 mai 2013

La Suisse abrite en effet la plus importante communauté de Tibétains en Europe, avec quelque 5.000 Tibétains vivant surtout en Suisse alémanique.

Les sympathisants de la cause tibétaine n'ont ainsi pas eu le droit de prendre la parole en public vendredi à Berne.

L'accès au Palais fédéral, le siège du gouvernement et du Parlement suisses, a été totalement bouclé par des grillages et de nombreux policiers en tenue de combat ont pris position autour du bâtiment.

A quelque 250 mètres de là, environ 250 personnes ont participé à une manifestation autorisée et distribué des tracts demandant de ne pas oublier les droits de l'homme.

Les autorités ont voulu éviter la répétition d'un incident diplomatique survenu en 1999. A l'époque, le président chinois Jiang Zemin, en visite à Berne, avait été sifflé par des militants, provoquant de vives protestations de la délégation chinoise.

Après la Suisse, M. Li Kepiang se rendra samedi en Allemagne.

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