La Bourse de Paris va sonder les données économiques

Le palais Brongniart, qui abritait autrefois la Bourse de Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives] Le palais Brongniart, qui abritait autrefois la Bourse de Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives]

La Bourse de Paris compte toujours sur le soutien des banques centrales pour se maintenir à niveau après avoir ralenti cette semaine et sera confrontée dans les prochains jours à la réalité des statistiques économiques des deux côtés de l'Atlantique.

Au cours de la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a perdu 1,11% et terminé à 3.956,79 points. Depuis le 1er janvier, il a toutefois gagné 8,67%.

"Les investisseurs vont probablement devoir s'adapter à un regain de volatilité dans les prochaines semaines", estime Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets France, pointant "l'extrême accoutumance des marchés boursiers au dopage monétaire des banques centrales, Réserve fédérale [américaine] et Banque du Japon (BoJ) en tête".

Cette lune de miel entre les marchés financiers et les banques centrales a d'ailleurs connu un premier accroc.

Les bourses mondiales ont stoppé net leur course vers les sommets jeudi, au lendemain d'un discours du directeur de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke et de la publication des minutes de la dernière réunion de l'institution, où le débat sur un ralentissement des rachats d'actifs est ouvert.

Dans la foulée, elles ont dû digérer une contraction de la production manufacturière en Chine au mois de mai, où l'indice PMI HSBC des directeurs d'achat est passé sous les 50.

"Les investisseurs ont l'impression que le soutien principal du marché est en train de s'affaiblir", la Fed parlant "ouvertement et de plus en plus clairement de diminuer rapidement le rythme des injections dans le marché", indique Jean-Louis Mourier, économiste chez le courtier Aurel BGC.

Ils ont donc interprété les débats au sein de l'institution comme les signes avant-coureurs d'une "baisse du soutien monétaire, au moment où l'activité économique pourrait à nouveau ralentir", analyse M. Mourier.

L'oeil rivé sur les Etats-Unis

En conséquence, l'indice phare de la Bourse de Tokyo, le Nikkei, a clôturé en baisse de 7,32% jeudi à l'issue d'une séance frénétique, après un bond de 80% en six mois, emportant dans sa chute les principales places financières.

La Bourse de Paris, qui se maintenait depuis le début de la semaine au-dessus des 4.000 points, est repassée en dessous de ce seuil symbolique franchi vendredi dernier.

"Les marchés ont du mal à comprendre précisément à la fois le rythme de la croissance mondiale et les implications de l'activisme des banques centrales", affirment les économistes de Crédit Agricole CIB.

Dans ce contexte, "les marchés financiers vont suivre de façon plus attentive encore les statistiques américaines" la semaine prochaine, prévoient les économistes du bancassureur ING.

Outre-Atlantique sera particulièrement scrutée la publication de l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board mardi et de celui de l'Université du Michigan vendredi.

Jeudi, la journée sera également chargée avec la deuxième estimation du PIB américain, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage et les promesses de ventes de logement pour le mois d'avril.

Face à cet agenda fourni, les investisseurs seront à la recherche d'éléments permettant de "préciser le calendrier" de réduction des rachats d'actifs de la Fed, qui "dépend beaucoup de ces statistiques", rappelle M. Mourier.

Côté européen, les investisseurs regarderont notamment l'évolution du marché du travail mercredi en Allemagne et jeudi en France ainsi que dans la zone euro vendredi.

En dépit de ces nombreux rendez-vous, la semaine démarrera sur une note calme puisque les marchés américains et britanniques seront fermés en raison de jours fériés (Memorial day).

 

Euronext (CAC 40)

 

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