Gazoduc Nabucco: GDF Suez entre dans le projet à hauteur de 9%

Un homme passe devant une affiche promouvant le projet de gazoduc Nabucco, le 10 janvier 2013 à Sofia [Nikolay Doychinov / AFP/Archives] Un homme passe devant une affiche promouvant le projet de gazoduc Nabucco, le 10 janvier 2013 à Sofia [Nikolay Doychinov / AFP/Archives]

Le groupe énergétique français GDF Suez est entré dans le projet de gazoduc Nabucco-ouest qui doit relier l'Autriche à la frontière bulgaro-turque pour alimenter l'Europe d'ici à 2020, a annoncé le groupe énergétique autrichien OMV.

OMV, sans indiquer le montant de la transaction, a annoncé dans un communiqué avoir vendu à GDF Suez 9% des parts de Nabucco-ouest, projet soutenu par l'Union européenne, alors que le groupe autrichien avait racheté récemment les parts du groupe allemand RWE, qui s'est retiré du projet.

"L'acquisition de GDF Suez comme partenaire au sein de Nabucco-ouest est une nouvelle avancée importante et démontre que Nabucco est la bonne voie pour approvisionner à l'avenir l'Europe de manière sûre avec plus de gaz, provenant de nouvelles sources", a déclaré le directeur général d'OMV Gerhard Roiss.

En conséquence, le projet Nabucco-ouest comprend maintenant six investisseurs: l'autrichien OMV, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le bulgare Bulgargas, le turc Botas et le français GDF Suez.

Le groupe français, qui n'a pas donné de montant, souligne dans un communiqué distinct que le projet de gazoduc "permettra de sécuriser et de diversifier l'approvisionnement en gaz des marchés européens sur le long terme".

"Par cet engagement dans Nabucco-ouest, GDF Suez apporte son entier soutien à ce projet stratégique et confirme son positionnement d'acteur majeur du gaz naturel en Europe", a souligné Jean-François Cirelli, vice-président du groupe. GDF Suez "a toujours été en faveur de la création de nouvelles routes du gaz, permettant une diversification et une meilleure sécurité d'approvisionnement du marché européen. Cet accord ouvrira, par ailleurs, l'accès à de nouvelles ressources pour le groupe dans la mer Caspienne".

L'annonce de l'entrée de GDF Suez dans le projet Nabucco-ouest intervient alors que les opérateurs du gisement géant de Shah Deniz doivent bientôt prendre une décision sur le trajet des livraisons de gaz de la Caspienne vers l'Europe. L'azerbaïdjanais Socar et ses partenaires internationaux, BP, Statoil et Total, qui contrôlent le gisement de gaz de Shah Deniz-II en Azerbaïdjan, doivent annoncer d'ici à fin juin son choix entre Nabucco et un projet rival, TAP (Trans Adriatic Pipeline).

Nabucco-ouest, qui doit toucher directement 15 à 20 pays, reliera l'Autriche à la frontière bulgaro-turque, en passant par la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie.

Le gazoduc, qui vise à contourner le réseau contrôlé par le géant russe Gazprom, devait initialement relier l'Europe centrale aux frontières orientales de la Turquie. Mais devant les incertitudes sur les fournisseurs, son parcours a été réduit de 3.300 à 1.300 km.

Les importations de gaz de l'Europe s'élèvent à 300 milliards de mètres cubes par an. Nabucco devrait fournir dans un premier temps 10 milliards de m3 avec une capacité qui pourrait grimper à terme à environ 23 milliards de m3, soit 8% des besoins.

GDF Suez revendique environ 67 milliards de m3 d'achats de gaz en Europe en 2012.

Selon le calendrier, en cas de décision favorable des opérateurs de Shah Deniz, le début des travaux sur Nabucco devrait intervenir en 2015. Les premières livraisons de gaz azerbaïdjanais pourraient alors avoir lieu en 2018 pour la Géorgie et la Turquie et en 2019 pour le reste de l'Europe.

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