Apple sur le banc des accusés pour entente sur le prix des livres numériques

Un livre électronique iPad de la marque Apple, photographié le 15 mars 2012 à Leipzig [Robert Michael / AFP/Archives] Un livre électronique iPad de la marque Apple, photographié le 15 mars 2012 à Leipzig [Robert Michael / AFP/Archives]

Le groupe informatique Apple comparaît lundi devant la justice à New York, pour répondre d'accusations de collusion avec cinq des plus grands éditeurs actifs aux Etats-Unis afin de relever les prix des livres électroniques au détriment des consommateurs.

L'ouverture des débats, qui seront présidés par la juge Denise Cote, est prévue à 13H30 GMT. Les audiences s'étaleront ensuite sur trois semaines, avec des plaidoiries finales programmées le 20 juin.

Le groupe à la pomme sera seul à répondre de ses actes devant la justice, les cinq éditeurs impliqués ayant préféré passer un accord amiable avec les autorités.

Le français Hachette, les américains HarperCollins (groupe News Corp) et Simon and Schuster (CBS), le britannique Penguin (Pearson) et une filiale de l'allemand Bertelsmann, Macmillan, ont tous accepté de modifier leurs pratiques, et de verser au total quelque 170 millions de dollars d'amendes et de dédommagements pour les consommateurs lésés.

Apple est accusé par le ministère américain de la Justice et plusieurs Etats américains d'avoir joué un rôle central de coordination dans une entente avec les éditeurs en vue d'augmenter le prix des livres électroniques dans laquelle il s'est engagé lorsqu'il préparait le lancement en 2010 de sa tablette informatique iPad.

Le marché était à l'époque dominé par Amazon et sa liseuse Kindle, lancée en 2007. Mais le distributeur en ligne avait plus ou moins imposé un prix de vente au détail de 9,99 dollars, jugé trop bas par les éditeurs.

La liseuse Kindle d'Amazon, photographiée le 6 septembre 2012 à Santa Monica [Joe Klamar / AFP/Archives]
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La liseuse Kindle d'Amazon, photographiée le 6 septembre 2012 à Santa Monica

"Rien fait de mal"

Ils craignaient que cela ne nuise à long terme à leurs bénéfices, y compris en entraînant par contagion une baisse des tarifs pour les livres imprimés.

L'entente a obligé, selon l'accusation, les consommateurs américains à payer "des dizaines de millions de dollars de plus" pour leurs livres électroniques, en faisant grimper les prix à des niveaux situés entre 12,99 et 14,99 dollars.

Les détaillants comme Amazon, qui payaient jusqu'alors un prix de gros aux éditeurs et choisissaient librement celui de revente au détail, se sont en effet vu imposer un nouveau modèle: en coordination avec Apple, les éditeurs ont tous en même temps décidé de fixer les prix eux-mêmes et de reverser une commission aux revendeurs (30% dans le cas d'Apple).

L'accusation entend démontrer qu'Apple savait pertinemment que les acheteurs seraient lésés. Parmi les éléments versés au dossier figure un message de son ex-patron Steve Jobs aux éditeurs, où il évoque "un modèle (...) où vous fixez le prix et où nous avons nos 30%, et où oui, le consommateur paye un peu plus".

Le patron d'Apple, Tim Cook, le 21 mai 2013 à Washington [Chip Somodevilla / Getty Images/AFP/Archives]
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Le patron d'Apple, Tim Cook, le 21 mai 2013 à Washington

Le successeur de Steve Jobs, Tim Cook, a encore assuré la semaine dernière que son groupe n'avait "rien fait de mal" et comptait "se battre".

Dans un document résumant sa défense et transmis à la justice le 16 mai, Apple évoque des "conclusions déraisonnables à partir d'un patchwork de preuves ambiguës". Il affirme avoir agi "de manière indépendante" et même oeuvré en faveur de la concurrence, en étant le premier à remettre vraiment en cause la position dominante d'Amazon.

"Ca va être difficile pour Apple de s'en sortir", juge toutefois Roger Kay, un analyste de Endpoint Technologies Associates, qui prévient qu'au-delà d'éventuelles conséquences financières, une condamnation "nuirait de manière importante à la réputation de l'entreprise".

Apple s'est déjà attiré des grands titres défavorables il y a quelques semaines avec la mise en cause au Congrès de ses stratégies pour contourner le paiement d'impôts aux Etats-Unis.

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