Réassurance: le groupe français Scor acquiert Generali US

Denis Kessler, PDG de Scor, le 30 août 2007 à Zurich [Fabrice Coffrini / AFP/Archives] Denis Kessler, PDG de Scor, le 30 août 2007 à Zurich [Fabrice Coffrini / AFP/Archives]

Après l'acquisition de Transamerica Re en 2011, le réassureur français Scor se renforce davantage aux Etats-Unis en mettant la main sur Generali US, qui lui permet de se hisser sur la première marche du podium de la réassurance vie dans le pays.

Au terme d'âpres négociations menées depuis le mois de novembre, Scor a finalement signé dans la nuit de lundi à mardi un accord avec l'assureur italien Generali en vue d'acquérir pour 750 millions de dollars (579 millions d'euros) la totalité de la holding Generali US.

Et ce à la barbe d'au moins six autres sociétés intéressées, s'est satisfait Denis Kessler, PDG du groupe, lors d'une conférence par téléphone, après avoir relevé que la valeur de la proie était supérieure au prix d'achat.

Selon les estimations de Scor, le prix offre "une décote importante" d'environ 35% par rapport à l'"embedded value" (valeur intrinsèque) du portefeuille de Generali US.

Cerise sur le gâteau: Scor devient le numéro un de la réassurance vie aux Etats-Unis en terme d'affaires nouvelles et existantes avec une part de marché de 27%. La réassurance vie aux Etats-Unis représente plus de la moitié du marché mondial de ce segment, a souligné M. Kessler.

Le groupe avait déjà accru sa présence outre-Atlantique avec l'acquisition en août 2011 de Transamerica Re, division américaine de réassurance de l'assureur néerlandais Aegon, pour 912,5 millions de dollars.

C'est désormais par croissance organique que Scor entend se déployer aux Etats-Unis.

A 09H40 (07H40 GMT), le titre Scor bondissait de 5,46% à 20,86 euros, dans une Bourse de Paris en hausse de 0,72%.

Le coût final de la transaction sera ajusté pour prendre en compte les bénéfices réalisés d'ici la finalisation, attendue au second semestre.

Dans un communiqué distinct, Generali a estimé ce surcoût à 30 millions de dollars. La cession du holding va également lui permettre de récupérer 140 millions de dollars de colatéral, pour la garantie fournie à ses activités américaines.

Cette transaction, qui reste soumise à l'approbation des autorités réglementaires, "répond à nos critères stratégiques et sera créatrice de valeur pour les actionnaires de Scor tout en maintenant le niveau de solvabilité du groupe", a commenté M. Kessler.

Le réassureur entend financer cette opération sur ses ressources propres tout en évoquant une émission de dette hybride "sans émission d'actions nouvelles", dont le montant sera "relativement modeste" et portera le ratio d'endettement "entre 20 et 25%", a-t-il indiqué.

Generali US a encaissé environ 900 millions de dollars de primes nettes en 2012, intégralement souscrites aux Etats-Unis et centrées sur les risques biométriques, c'est-à-dire liés à la vie humaine (longévité, décès, invalidité). Elle emploie environ 120 personnes.

Une fois dans le giron de Scor, elle devrait engendrer un "profit immédiat grâce à un gain d'acquisition (écart d'acquisition négatif), et être relutive en termes de bénéfice par action (BPA) et de rendement annualisé des capitaux propres moyens pondérés (ROE)", a souligné le groupe.

Ce "badwill" devrait dépasser in fine les 100 millions d'euros.

Scor s'attend également à encaisser des liquidités permettant "une optimisation importante du capital", et à un statu quo sur sa notation (A+ chez Standard and Poor's et A1 chez Moody's).

Scor Global Life Americas (SGLA) disposera de deux bureaux aux Etats-Unis (Charlotte et Kansas City).

Avec l'arrivée de Generali US, Scor entend tirer profit "d'opportunités de ventes croisées" --car la gamme de produits et les clients de Scor et Generali US "ne sont pas les mêmes"--, tout en lui permettant de conserver la diversification souhaitée de son portefeuille (55% en vie et 45% en dommages).

Cette opération "respecte les objectifs de rentabilité et de solvabilité" du plan stratégique Strong Momentum qui couvre la période 2010-2013. Le prochain doit être dévoilé "tout début septembre".

En 2012, le réassureur a dégagé un bénéfice net en hausse de 26,7% à 418 millions d'euros (+13,4% à données comparables) pour des primes brutes émises en progression de 25% à 9,51 milliards d'euros.

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