Offensive syndicale contre l'austérité en Europe

Le président François Hollande le 10 juin 2013 sur le perron de l'Elysée [Eric Feferberg / AFP/Archives] Le président François Hollande le 10 juin 2013 sur le perron de l'Elysée [Eric Feferberg / AFP/Archives]

Le président François Hollande va recevoir mercredi les leaders des grands syndicats ainsi que la numéro un de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui plaident pour un "changement de cap" en Europe, dans un contexte social tendu à la veille de la conférence sociale.

La rencontre, qui a lieu à la demande de Bernadette Ségol, numéro un de la CES, s'inscrit dans le cadre d'une mobilisation européenne "contre l'austérité" et pour exiger du Conseil européen qui se réunira les 27 et 28 juin et aura pour thème le social, d'intégrer la "dimension sociale" de l'Europe dans sa gouvernance.

Pour appuyer leur démarche, Thierry Lepaon (CGT), Laurent Berger (CFDT), Philippe Louis (CFTC), Luc Bérille (Unsa) appellent à un rassemblement à 13H00 place de l'Alma (VIIIe arrondissement). Il s'agira de la première mobilisation commune depuis le 14 novembre de la CGT et de la CFDT qui sont en froid.

Le leader de FO, Jean-Claude Mailly, présent à l'Elysée, n'appelle pas à cette action.

La numéro un de la Confédération européenne des syndicats (CES) Bernadette Ségol, le 2 mai 2013 à Bruxelles [Georges Gobet / AFP/Archives]
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La numéro un de la Confédération européenne des syndicats (CES) Bernadette Ségol, le 2 mai 2013 à Bruxelles
 

L'initiative intervient sur fond d'explosion du chômage et à la veille de la conférence sociale chargée de lancer la concertation sur la réforme des retraites et où les syndicats se rendent en ordre dispersé.

Mais, pour le leader de la CGT, la demande d'un "contrat social pour l'Europe" qui "donne la priorité aux droits sociaux et rejette toute concurrence vers le bas en matière de droit du travail", est "un point de convergence" entre les syndicats français.

La CGT, la CFDT la CFTC, l'Unsa et la CES ont cosigné une tribune pour "appeler à arrêter les coupes budgétaires dans les dépenses publiques" et "prendre des dispositions urgentes pour l'augmentation des salaires et de l'investissement", a indiqué lundi M. Lepaon.

Selon lui, "il faut un changement de cap radical qui tourne le dos aux politiques d'austérité menées partout en Europe".

Les récentes grèves, des "avertissements" au gouvernement

"Le messages que nous portons c'est que l'Europe doit prendre des mesures qui vont dans le sens de la croissance, alors que l'atonie menace tous les pays, même l'Allemagne", souligne de son côté auprès de l'AFP Marcel Grignard, membre de la direction de la CFDT.

Le leader de la CGT Thierry Lepaon quitte l'Hôtel Matignon, le 22 mai 2013 [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]
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Le leader de la CGT Thierry Lepaon quitte l'Hôtel Matignon, le 22 mai 2013
 

Il rappelle que sur les quelque 120 milliards d'euros de fonds alloués l'an dernier au pacte européen de croissance, "pas même la moitié" n'a été utilisée.

Le président Hollande a lui-même dénoncé dimanche soir sur M6 "des politiques d'austérité très dures" dans certains pays européens et a affirmé qu'il allait demander au sommet de l'UE "une évaluation du pacte de croissance" qui avait été ajouté sur sa demande l'an dernier au traité budgétaire.

L'Europe doit aussi "avancer pour limiter la concurrence sociale", avec des "standards minima sociaux" et notamment "un mécanisme de salaire minimum" dans tous les pays, estime M. Grignard.

Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa, relève qu'"il y a une limite objective à la situation française", en raison des déficits et de la dette, "mais il faut un appui au niveau européen". La demande adressée au président de la République est "d'appuyer une politique visant à un plan d'investissement européen pour relancer la croissance".

Pour la CGT, les récentes grèves et mobilisations en France sont autant "d'avertissements" au gouvernement. Elle rappelle le "succès" de la grève des aiguilleurs du ciel qui s'opposaient à la libéralisation du contrôle aérien en Europe et la mobilisation des cheminots contre une réforme du ferroviaire qui "répond aux exigences libérales de Bruxelles".

De son côté, Jean-Claude Mailly affirme que "les gouvernements ont accepté la logique" de Bruxelles, "y compris le gouvernement français, quand il a accepté de ne pas renégocier le traité" budgétaire européen.

D'ailleurs, pour FO, les pistes avancées par le rapport de la commission Moreau pour une réforme des retraites "s'inscrivent dans la logique d’austérité recommandée par la Commission européenne".

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