La famille Ricard, le clan de l’apéritif anisé

Sûr de la grande qualité de mon pastis et fier de son goût unique, j’engage mon nom pour votre plaisir», répète Paul Ricard[CC/alexbrn]

La couleur et le goût du Ricard évoquent la douceur de vivre provençale. Depuis plus de soixante-quinze ans, la famille Ricard reste l’un des leaders sur le marché des apéritifs anisés. Le groupe Pernod Ricard, dont la création remonte à plus de trente ans, enregistre un chiffre d’affaires de 7,6 milliards d’euros et possède une quinzaine de marques de spiritueux.

 

Archives – Article publié le mercredi 8 octobre 2008

 

« Ce sera Ricard, le vrai pastis de Marseille». C’est en ces termes que Paul Ricard présente sa nouvelle boisson. Alors étudiant aux Beaux-Arts, le jeune homme travaille en 1926 au sein de l’entreprise de son père, négociant en vins. Il élabore ce qui deviendra en 1932 le célèbre Ricard de la cité phocéenne. Savoureux mélange d’anis, de réglisse de la côte méditerranéenne et de plantes aromatiques de Provence, le nouveau breuvage séduit les Marseillais, ainsi que l’ensemble des habitants du sud de l’Hexagone et de la vallée du Rhône.

«Sûr de la grande qualité de mon pastis et fier de son goût unique, j’engage mon nom pour votre plaisir», répète Paul Ricard. Cette marque de fabrique est estampillée sur l’ensemble des bouteilles. En 1938, la boisson anisée débarque dans les brasseries de la capitale. Le «long drink» – comprenez une dose de Ricard pour cinq volumes d’eau – devient à la mode. Les Français apprécient de plus en plus cette nouvelle spécialité de Provence. La même année, plus de 2,4 millions de litres de Ricard sont écoulés.

 

Vidéo : publicité Ricard des années 1980

 

 

Le symbole d’un après-midi ensoleillé

En 1939, Paul Ricard poursuit sa vaste campagne publicitaire. Pour ce faire, il use de son talent de dessinateur. Visionnaire, l’homme réalise ses propres publicités et ses étiquettes, qui toutes vantent les vertus et les bienfaits de sa boisson. Souhaitant faire connaître son produit au plus grand nombre, il part à la rencontre des restaurateurs et des gérants de grandes brasseries implantés en France.

Mais au cours de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy interdit la commercialisation d’alcools de plus de seize degrés. Au lieu d’être réquisitionnés pour le service du travail obligatoire (STO) en Allemagne, les employés de la société partent dans la nouvelle propriété camarguaise de Paul Ricard, le domaine de Méjanes. Les salariés se consacrent à l’élevage, à la production laitière et à la riziculture.

Dès la fin du conflit, l’ensemble des salariés regagne le site de production de Sainte-Marthe. La distribution des apéritifs à quarante degrés est de nouveau autorisée, avant d’atteindre quarante-cinq degrés après une loi votée en mai 1951. De retour des Etats-Unis, Paul Ricard a l’idée de développer le concept du «sponsoring». Les couleurs bleu et jaune du logo Ricard apparaissent dès 1948 sur les véhicules lors des étapes du Tour de France. Huit ans plus tard, alors que la crise du canal de Suez freine l’acheminement du Ricard dans les lieux de distribution, l’entrepreneur choisit de les livrer à dos de dromadaires, grâce à «la caravane Ricard, vainqueur de la soif». Les ventes ne cessent de croître en France, puis en Espagne et en Afrique du Nord. En 1962, la société est cotée en Bourse.

 

Vidéo : Boire du Ricard c’est bien plus qu’un art ! Le célèbre pastis de Marseille incite certains amateurs à entreprendre des compétitions de Ricard.

 

 

Naissance du groupe Pernod Ricard

En 1975, Paul Ricard se rapproche de son principal concurrent, le fondateur de l’entreprise Pernod, Jean Hémard. Ensemble, les deux hommes décident de fusionner leurs activités de fabrication d’apéritifs anisés pour créer le groupe Pernod Ricard.

Patrick, fils de Paul Ricard, prend la direction générale de l’entreprise familiale. Trois ans plus tard, il en devient le président-directeur général. Alors que 17 % du chiffre d’affaires sont réalisés à l’étranger lors de la création du groupe, les ventes hors de la France représentent aujourd’hui près de 90 % du chiffre d’affaires.

Dans les années 1980, Pernod Ricard acquiert de nombreuses productions de whisky, l’un des spiritueux les plus vendus au monde. «Nous avons racheté des marques, pays par pays, en prenant garde de conserver des racines locales pour satisfaire notre ambition mondiale», déclarait Patrick Ricard. En 1984, un milliard de bouteilles Ricard sont commercialisées. Les spots publicitaires sont diffusés à la radio et à la télévision.

Le 7 novembre 1997, la société Ricard est en deuil. Son fondateur Paul Ricard disparaît, à près de 90 ans. De nombreux hommages lui sont rendus afin de saluer ses engagements en faveur des arts, de la culture et de l’environnement. Son fils Patrick a continué de faire perdurer la tradition jusqu’à son décès brutalement le 17 août 2012. Alexandre, son fils, prend sa succession.

 

Vidéo : Publicité Ricard de 1986

 

 

Ricard, mécène du sport et des arts

Paul Ricard a toujours porté un grand intérêt à l’art et à la littérature. En 1967, il inaugure la Fondation culturelle Paul-Ricard. L’objectif de ce centre est de révéler de jeunes talents et de soutenir la création artistique. Trente ans plus tard, l’espace Paul-Ricard fondé en 1976 à Paris devient la Fondation d’entreprise Ricard.

Mécène de grands navigateurs comme Eric Tabarly, il fonde l’Institut océanographique Paul-Ricard. En qualité de bâtisseur, il acquiert les îles de Bendor et des Embiez (Var). Il offre ainsi la possibilité au grand public de découvrir des lieux paradisiaques et de s’y évader, loin des zones polluées.

Paul Ricard est également un passionné de sports. En 1970, l’entrepreneur inaugure le Circuit Paul-Ricard, où se déroulent les plus grandes compétitions internationales de sports automobiles et mécaniques. En 1999, la société Excelis, représentée par Bernie Ecclestone, rachète le circuit.

 

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