Pacte de responsabilité : la tension monte

Le président du Medef Pierre Gattaz à Paris le 21 janvier 2014 [Thomas Samson / AFP/Archives] Le président du Medef, Pierre Gattaz, à Paris le 21 janvier 2014 [Thomas Samson / AFP/Archives]

Alors que le Medef a menacé d'abandonner le pacte de responsabilité, le gouvernement hausse le ton pour faire rentrer l'organisation patronale dans les rangs.

 

Il est loin le temps où François Hollande et Pierre Gattaz se réjouissaient ensemble du lancement du pacte de responsabilité. Depuis quelques jours, les relations entre le gouvernement et le Medef se sont singulièrement gâtées. Il faut dire que la parution, mercredi, dans Le Figaro, d'une tribune signée du vice-président de l'organisation patronale, Geoffroy Roux de Bézieux, a fait grincer bien des dents à l'Elysée et à Bercy.

Dans ce texte, le numéro deux du Medef avait menacé d'abandonner le pacte de responsabilité. Il accusait notamment le gouvernement de "harcèlement fiscal jamais vu" sur les entreprises, dénonçant pêle-mêle "la taxe carbone, dont on ne connaît pas les détails mais qui atteindra plusieurs centaines de millions" d'euros, "l'écotaxe" et " la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés, prolongée d'un an, soit plus de 2,5 milliards".

 

Le gouvernement riposte

Une menace et des plaintes qui ont exaspéré l'exécutif. Dernier en date à hausser le ton : Michel Sapin, ministre des Finances, qui a appelé jeudi l’organisation patronale à cesser "ses petits jeux". "Il ne faut pas vouloir jouer au plus fin trop longtemps", a-t-il asséné, estimant que cette attitude était "contraire à l’intérêt général".

Avant lui, François Rebsamen avait déjà déploré l'attitude de Pierre Gattaz, lui reprochant de "sans arrêt geindre et pleurnicher". Le patron du Medef, rendant coup pour coup, a réagi jeudi dans un billet sur son blog : "Ainsi, le Medef doit se laisser insulter, huer mais surtout, surtout, il ne peut rien dire."

 

Le patronat se déchire

Les tensions sont tout aussi vives entre les organisations syndicales. Laurent Berger, leader de la CFDT, a ainsi parlé de "provocation insupportable" de la part du Medef. Mais au sein même du patronat, la tribune de Geoffroy Roux de Bézieux et la position ambigüe de Pierre Gattaz, qui n'a cessé de saluer le principe du pacte de responsabilité tout en refusant de fournir des contreparties, sont loin de faire l'unanimité.

"On ne sort pas du pacte de responsabilité comme ça", a souligné le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, qui a par ailleurs salué certaines dispositions de cet accord, comme l'instauration du Crédit impôt compétitivité emploi (CICE).

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