Sapin annonce une baisse des objectifs d'économie

Le ministre français du Travail Michel Sapin à Bruxelles le 9 décembre 2013 [John Thys / AFP/Archives]

Le ministre des Finances Michel Sapin a estimé mardi que l'objectif de réaliser 21 milliards d'économies dans la dépense publique en 2015 risquait d'être revu à la baisse, en raison d'une inflation trop faible.

 

"On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible", a reconnu le ministre en réponse à une question sur le maintien d'un objectif de 21 milliards d'économies l'année prochaine.

M. Sapin, qui s'exprimait dans un entretien à l'AFP, doit présenter dans trois semaines le projet de budget pour 2015.

Anormalement bas, le taux d'inflation en France, proche de celui de la zone euro, était de 0,5% en juillet en glissement annuel et de 0,4% hors tabac. Soit bien loin du niveau jugé sain, estimé à un peu moins de 2,0% par la banque centrale européenne. 

 

Un effet sur les recettes et les dépenses

La faible inflation a un effet sur les recettes mais aussi sur les dépenses, a détaillé le ministre. "L'année prochaine par exemple, là où sur une hypothèse d'inflation de 1,5%, on faisait au-delà d'un milliard d'économies, par le seul gel de prestations, aujourd'hui ces économies sont remises en cause", explique-t-il. 

Lorsque le gouvernement parle d'économies, il s'agit d'économies par rapport à l'évolution naturelle des dépenses qui gonflent mécaniquement d'année en année en raison de divers facteurs, comme les augmentations de salaires à l'ancienneté, mais aussi la prise en compte de l'inflation.

M. Sapin se garde néanmoins de prévoir de compenser avec de nouvelles mesures de restriction. "Rajouter des économies ne me paraîtrait pas adapté à la situation", a-t-il dit, préférant se tourner vers les partenaires européens de la France pour que "des décisions soient prises".

"Jusqu'ici, l'habitude était de raisonner en fonction de la croissance. Les textes prévoient une flexibilité en cas de récession ou de croissance durablement très faible, mais là, on découvre un autre sujet qui finit par être aussi bouleversant pour les budgets que la faible croissance, c'est la faible inflation", a poursuivi M. Sapin. 

Pour lui, "les chiffres de l'inflation en zone euro ont créé un choc. D'où l'émergence d'un nouveau discours des acteurs politiques et économiques. Maintenant, il faut que très rapidement ceci soit pris en compte et que des décisions soient prises". 

 

 

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