L'Etat s'attaque à la "Woman tax"

Des personnes font leurs course dans un supermarché [Fred Tanneau / AFP/Archives]

Selon plusieurs observations, pour un produit ou un service similaire les femmes doivent parfois payer plus cher que les hommes. Ce ne sont que quelques centimes voire parfois plusieurs euros par-ci par-là, mais c'est une injustice que la secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes et le collectif féministe Georgette Sand souhaitent endiguer.

 

"Pourquoi faudrait-il que les femmes dépensent plus pour des produits somme toute très similaires ?". Cette question que se posait le collectif féministe Georgette Sand sur son site le 22 septembre dernier devrait prendre prochainement de l'ampleur. L'affaire est en effet remontée jusqu'à la secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes.

 

Une enquête lancée par le cabinet du ministère de l'Economie

Pascale Boistard a ainsi alerté Carole Delga, secrétaire d'Etat chargée de la Consommation, ainsi que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, révèle-t-elle ce lundi 3 novembre au Parisien. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes devraient également être mandatée, souligne Pascale Boistard.  

Le cabinet d'Emmanuel Macron a annoncé lundi 3 novembre avoir lancé une enquête pour faire "une évaluation de relevés de prix", sur les produits visés par le collectif Georgette Sand. Il souhaite ainsi "mesurer la réalité des écarts".

 

Une dépense supplémentaire évaluée à 1.100 euros 

De son côté, le collectif Georgette Sand qui a été reçu par Pascale Boistard le 21 octobre, ne baisse pas les bras non plus. Il a lancé le 28 octobre dernier une pétition visant à dénoncer cette "Woman tax", afin d'exiger d'une grande enseigne de distribution françaisequ'elle égalise ses prix. Celle-ci a ensuite justifié cet écart notamment par "les caractéristiques intrinsèques des produits ainsi que par les volumes de vente".  Près de 20.000 personnes avaient signé la pétition ce lundi 3 novembre.

Depuis le 7 septembre dernier, le collectif souhaite mettre en avant cet écart de prix à l'aide du Tumblr "Woman Tax". Et de nombreux produits et services de consommation courante y passent : cosmétique, coiffeur, pressing, sac, stylo,… 

On y retrouve ainsi un sac à dos noir vendu 65 euros et un modèle similaire violet à 69,95 euros. Une brosse à dent "pour elle", coûte 8 centimes de plus que sa version masculine. Même constat dans un pressing où le nettoyage d'un chemisier coûte un euro de plus que celui d'une chemise.

Dans article publié en 2012, le magazine Forbes a évalué ce que coûteraient aux femmes ces suppléments de prix. Chaque année, elles s'acquitteraient ainsi de 1.100 euros supplémentaires.

 

 

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