Quand les pilotes d'Air France veulent se faire payer leurs jours de grève

Des avions d'Air France.[Archives AFP]

Selon le Figaro, des pilotes grévistes d’Air France s’apprêtent à attaquer leur entreprise aux prud’hommes. But de la manœuvre : se faire payer les récents jours de grève grâce à l’application d’un stratagème semble-t-il bien rôdé.

 

D’après Le Figaro, plus d’un millier de pilotes d’Air France grévistes lors du mouvement social d'ampleur qui a affecté la compagnie aérienne en septembre dernier, vont attaquer Air France au tribunal des prud’hommes pour obtenir le paiement de leurs jours de grève. Ce, alors que l’impact du conflit est estimé à quelque 330 millions d’euros sur le résultat d’exploitation d’Air France.

Pour cela, les pilotes, soutenus par le syndicat majoritaire SNPL (Syndicat National des Pilotes de Ligne), mettraient en place une stratégie bien connue des organisations syndicales.

Explications.

Avant le début d’un mouvement social, le SNPL encouragerait les pilotes grévistes à se déclarer en grève une seule journée, plutôt que plusieurs jours consécutifs.

 

La technique ? Se déclarer en grève une seule journée...

L’idée ? Se déclarer non-gréviste le deuxième jour du conflit pour être physiquement à disposition de l’entreprise et donc toucher des rémunérations. Le tout, en jouant également sur le fait que les plannings des pilotes soient faits un mois à l’avance.

Une technique savamment étudiée quand on sait que lorsqu’un vol effectuant une rotation de plusieurs jours – entre trois et cinq selon les destinations - est annulé pour cause de grève, un pilote ne peut donc être utilisé par Air France pour une période de quelques jours.

Du côté de la compagnie aérienne, la règle appliquée pour calculer le nombre de jours payés est simple : le planning prévu est confronté aux travail réellement effectué. Sur une rotation de 3 jours complètement annulée, trois jours sont décomptés au pilote gréviste.

Il reste que la drôle de manœuvre du SNPL risque bien de s’apparenter à un coup d’épée dans l’eau. Car comme le rappelle Le Figaro, une jurisprudence de la Cour de cassation de 1998 comptabilise les jours de rotation… comme journées de grève.

 

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