Emmanuel Macron veut supprimer les retraites chapeau

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. [ERIC PIERMONT / AFP]

Le ministre de l'Économie Emmanuel Macron a dit mardi vouloir supprimer les retraites chapeau après plusieurs polémiques sur ces dispositifs, la dernière en date liée à l'ancien PDG de France Télécom Didier Lombard.
 

"J'ai demandé avec (le ministre des Finances) Michel Sapin qu'une mission de l'Inspection générale des finances (IGF) soit faite pour que (...) nous puissions trouver une vraie solution pour supprimer les retraites chapeau et les remplacer par un régime de droit commun plus lisible pour tous les Français", a dit M. Macron devant les députés.

Évoquant le cas de M. Lombard, pour lequel il a dit avoir demandé des "informations", mais aussi des controverses plus anciennes concernant l'ancien patron de PSA Peugeot Citroën Philippe Varin ou encore le patron de GDF Suez Gérard Mestrallet, le ministre a critiqué "des montants incompréhensibles et aujourd'hui indéfendables" dans le cas des mandataires sociaux.

Il a rappelé que l'État avait alourdi la fiscalité sur ces dispositifs par lesquels des entreprises versent un supplément à leurs anciens cadres, en plus de la retraite du régime de base et des retraites complémentaires, et qu'il avait voté contre dans les entreprises où il était actionnaire.

"Mais nous devons aujourd'hui aller plus loin", a ajouté le ministre. "La priorité, c'est de renvoyer à la responsabilité personnelle", a toutefois également estimé M. Macron, jugeant qu'"aucune loi ne remplacera l'éthique des dirigeants".

Il a aussi jugé que le principe de la retraite chapeau était "défendable" dans d'autres cas que celui des grands patrons: "Je ne veux pas avoir un discours simpliste qui conduirait à inquiéter certains Français", a-t-il précisé.

Après un tollé il y a un an autour de la retraite chapeau de 21 millions d'euros de M. Varin, que ce dernier avait finalement abandonnée, le gouvernement avait choisi la voie de l'auto-régulation pour les entreprises, qui se sont dotées d'un code de bonne conduite. Ce dernier, non contraignant, recommande de plafonner ces dispositifs à 45% du revenu de référence.

La controverse a été relancée ces dernières semaines par les cas de MM. Mestrallet et Lombard. La CFE-CGC a déposé une plainte au pénal auprès du procureur de la République de Paris concernant la retraite chapeau versée à M. Lombard, ancien PDG du groupe France Télécom (devenu Orange).

Dans un communiqué, le syndicat dit avoir conclu "au caractère illégitime, voire illégal, de la retraite chapeau perçue par l'ex-PDG de France Télécom-Orange depuis 2011, pour un montant annuel de 346.715 euros, en sus de nombreux autres émoluments".
 

 

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