Les secteurs qui vont recruter en 2015

Le quartier de La Défense[ARCHIVES AFP]

Des services à la personne aux assurances, en passant par l’e-commerce, plusieurs secteurs manqueront de bras dans les années à venir.

 

Ils ne connaissent pas la crise. A contre-courant d’une courbe du chômage qui refuse de baisser (3,43 millions de demandeurs d’emploi en septembre, soit une augmentation de 4,3 % sur un an) et des nouvelles alarmistes sur les destructions d’emploi en France, certains secteurs prévoient de ­recruter dans les années à venir.

Et pour cause : d’ici à 2020, les «baby-boomers», soit environ 8 millions d’actifs, partiront à la retraite. A ce besoin de ­renouveler la main-d’œuvre s’ajouteront environ 180 000 créations d’emploi dans les filières qui se développent chaque année, selon les estimations du Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ). Dans un guide publié cette semaine, celui-ci fait le point sur les métiers qui embauchent.

 

Les services à la personne pour accompagner le vieillissement

C’est le secteur susceptible de créer le plus d’emplois dans la prochaine décennie. A titre d’exemple, le CIDJ anticipe l’ouverture de 159 000 postes d’aide à domicile d’ici à 2022.

Un essor qui s’explique notamment par le vieillissement de la population. L’Insee estime ainsi qu’entre 2007 et 2060, le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans va plus que doubler. Les services à la personne sont une solution aux problématiques posées par la dépendance. En outre, ce sont des emplois non délocalisables. Mais le secteur peine à recruter. Peu valorisé, il n’offre quasiment que des emplois à temps partiel.

 

Banques et assurances, employeurs privés majeurs

 

Avec l’ouverture de 15 000 postes par an en moyenne, le secteur des banques et assurances se place parmi les premiers employeurs privés. Malgré le développement des services en ligne, les Français sont toujours attachés à une relation en face-à-face avec le personnel de leur banque, ce qui explique que les établissements sont à la ­recherche de recrues pour travailler en agence.

Commerciaux, conseillers de clientèle et conseillers financiers seront des métiers porteurs dans les années à venir. Le secteur emploie en outre beaucoup de cadres, qu’ils soient contrôleurs de gestion, actuaires ou ­juristes.

 

L’informatique et le numérique, en perpétuelle évolution

Analyste de données, gestionnaire de communautés numériques, «web ergonome»… L’informatique et le numérique concentrent nombre de métiers du futur, selon le CIDJ. Pour les seuls ­ingénieurs, 90 000 créations de postes sont à prévoir d’ici à 2022.

Le secteur jette son dévolu sur les jeunes recrues : dans 25 % des cas, les nouveaux embauchés sont tout juste diplômés. En revanche, l’inadéquation de l’offre et de la demande d’emploi est une difficulté récurrente pour les recruteurs. Sur des métiers en perpétuelle évolution, trouver du personnel suffisamment qualifié est parfois mission impossible.

 

L’industrie, à la recherche de personnel qualifié

Alors que quelque 2,3 millions d’emplois ont été détruits entre 1970 et 2013 dans ce secteur, l’industrie reste un employeur de premier rang. Un paradoxe qui s’explique par la raréfaction de certains savoir-faire, pourtant indispensables dans l’aéronautique, ­filière de pointe, ou l’automobile, qui rebondit après des années de crise.

Ainsi, les profils d’ouvriers qualifiés, comme les chaudronniers industriels ou les soudeurs, sont prisés. Pour les ingénieurs, «les débouchés sont importants dans l’industrie pharmaceutique», souligne le CIDJ.

 

Le commerce mise sur les ventes en ligne

A l’image de l’industrie, le commerce voit certains de ses emplois menacés, notamment ceux ne nécessitant aucune qualification, comme celui de caissier. Une baisse compensée par la bonne santé d’autres métiers, comme celle du e-commerce. Selon la fédération du secteur, la Fevad, le chiffre d’affaires du commerce en ligne a bondi de 10,5 % au second trimestre 2014. Il représente 8 % du commerce de détail hors alimentaire. Une bonne santé qui rime avec ­recrutement : selon le CIDJ, 70 % des sites d’e-commerce avaient prévu d’embaucher cette année. 

 

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