Les surgelés Picard sont à vendre

La marque de surgelés est la préférée des Français. [©Eric Piermont / AFP/Archives]

Le géant français du surgelé Picard, enseigne préférée des Français, est à vendre : son propriétaire, la société d'investissement britannique Lion Capital, prépare la cession de l'enseigne, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier, confirmant une information des Echos.

 

"Les fonds d'investissement sont sur des opérations qui en général s'étalent entre 3 et 5 ans. Lion Capital est chez Picard depuis quatre ans, il est donc normal qu'il commence à regarder comment ils pourront un jour en sortir", a indiqué une source proche du dossier.

Selon cette source, spécialisée dans le monde de la distribution, le processus de sortie de Lion Capital n'en est toutefois qu'à ses prémices, et ne devrait pas aboutir avant au moins six mois.

"Toutes les options sont aujourd'hui sur la table. Cela peut aller de la cession à un autre fond d'investissement, à une introduction en Bourse, en passant par une revente à un industriel ou à un distributeur international", a indiqué cette source.

 

Pas de spéculation

Contacté par l'AFP, Lion Capital a refusé de confirmer cette information, indiquant "avoir pour politique de ne pas commenter les spéculations des médias". La direction de Picard s'est elle aussi refusée à tout commentaire.

D'après les informations des Echos, Lion Capital "prépare la vente de Picard, quatre ans après l'avoir racheté pour plus de 1,5 milliard d'euros à BC Partners".

"Le gérant de fonds a (...) mandaté une banque pour examiner cette option et des alternatives stratégiques" pour Picard, précisent Les Echos qui ajoutent que Lion Capital, également propriétaire du groupe Findus, avait d'abord envisagé une introduction en Bourse de Picard avant de reculer, refroidi par les perturbations de la Bourse cet automne.

    
Les salariés "rodés"

Les syndicats ont indiqué à l'AFP n'avoir à ce stade reçu aucune information officielle de la direction à ce sujet, même si pour eux, cette information n'est pas vraiment une surprise.

"Nous savions que cela allait arriver et nous nous attendions à ce que cela se fasse avant l'été", a assuré à l'AFP, Laurent Jeudi, délégué central CFDT. Au dernier comité d'entreprise (CE), la direction avait simplement indiqué qu'"in fine, cela allait déboucher sur une revente", sans leur donner d'échéance précise, a-t-il dit. 

"Un LBO ("Leverage Buy Out", reprise par des fonds d'investissement) fini toujours par une revente et, c'est récurrent chez Lion Capital. Nous sommes rodés après quatre reprises" en quatorze ans, a ajouté le syndicaliste.

Lors de ce CE, la direction avait également présenté sa stratégie qui consiste "à continuer le développement du réseau en France avec des implantations, entre 15 et 30 magasins par an" et de renouveler les produits avec "plus de 200 créations par an", résume M. Jeudi.

"S'il y a revente, on exigera une prime à la revente comme la dernière fois (équivalente à environ un mois de salaire) et on exigera aussi d'avoir une stabilité dans la stratégie à long terme de l'entreprise", prévient le délégué CFDT. Un prochain CE est déjà prévu les 8 et 9 décembre.

 

4.500 salariés

Picard compte 920 magasins en France et 4.500 salariés, "avec une moyenne de 3 salariés par magasin, souvent à temps partiel", selon M. Jeudi. Le groupe de surgelés génère 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires. 

Encore peu présent à l'international, Picard a annoncé la semaine dernière son arrivée au Japon, épaulé par le biais du géant local de la distribution Aeon. Il doit prochainement faire également son entrée sur le marché suisse.

Picard a été élu distributeur préféré des Français en 2014, devant Amazon et Yves Rocher, selon l'étude annuelle du cabinet de consultats OC&C, publié fin septembre.

L'annonce de ce projet de cession intervient quelques jours après l'annonce par Nestlé de la mise en vente de Davigel, spécialiste des surgelés pour la restauration commerciale et collective.

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