Enfin la voie de l’emploi ?

En mars 2015, 3,51 millions de personnes n’exerçant aucune activité ont été comptabilisées, un nouveau record.[Jeff Pachoud / AFP/Archive]

Si les chiffres du chômage ne s’améliorent toujours pas, plusieurs signaux encourageants laissent espérer une inversion de la courbe.

 

C’est l’histoire d’une promesse devenue le fardeau du quinquennat. Au fil du temps, sous la présidence de François Hollande, la perspective d’une inversion de la courbe du chômage s’est éloignée. A quatre reprises, le nombre de demandeurs d’emploi a baissé d’un mois à l’autre. A quatre reprises, l’exploit ne s’est pas reproduit le mois suivant.

En mars 2015, 3,51 millions de personnes n’exerçant aucune activité ont même été comptabilisées, un nouveau record. Le frémissement de l’économie, perceptible depuis quelques mois, ne parvient donc toujours pas à se traduire par un rebond de l’emploi. Pourtant, les prévisions des observateurs comme du gouvernement laissent entrevoir une possible embellie.

 

Bercy espère plus de croissance

L’exécutif l’a dit et répété : 2015 sera l’année de la reprise. Pour preuve, après une petite progression de 0,4 % l’an dernier, il anticipe une croissance bien supérieure, à 1 %. Suffisant pour relancer l’emploi ? Pas selon les économistes, qui estiment qu’il faut au moins 1,5 % pour à la fois doper l’activité des entreprises, et donc leur permettre d’embaucher, et compenser la hausse du nombre d’actifs.

Mais cette prévision de Bercy reste d’une extrême prudence, en deçà de celle du FMI par exemple (1,2 %). En réalité, le gouvernement espère avoir une bonne surprise et atteindre le seuil de 1,5 % à la fin de l’année. L’autre levier que Bercy veut actionner concerne les entreprises. En effet, ces dernières restent frileuses malgré l’amélioration de la conjoncture. Sept dirigeants d’entreprises français sur dix ont peur d’embaucher dans le pays, selon un sondage OpinionWay pour le Medef publié hier.

Une crainte que les principaux intéressés expliquent d’abord par «le coût du travail». Avec la mise en œuvre du pacte de responsabilité, qui prévoit des allègements de charge pour les employeurs, l’exécutif attend donc de ces derniers qu’ils fassent des efforts.

 

Un rapport optimiste

Autre raison d’espérer, le marché du travail devrait se désengorger. Un rapport, rendu mardi par France Stratégie, note que la France va profiter du vieillissement de sa population, dont l’effet sur l’emploi était jusqu’ici peu visible en raison du recul de l’âge de départ à la retraite.

A l’horizon 2022, ce document anticipe que «de nombreux postes seront à pourvoir en raison de l’arrivée en fin de vie active des générations du baby-boom». En prenant en compte les créations nettes d’emplois, l’organisme estime que 800 000 postes seront proposés chaque année. Et dans son enquête annuelle rendue publique il y a deux semaines, Pôle Emploi avait noté une hausse de 2,3 % des intentions d’embauche en 2015.

Mais ces chiffres sont à prendre avec précaution. D’abord parce que les métiers qui prévoient de recruter sont ceux qui, peu valorisés et avec des conditions de travail difficiles, restent boudés par les demandeurs d’emploi. Ensuite parce que les mutations du marché du travail, causées par exemple par les évolutions technologiques, promettent d’accentuer le problème de l’inadéquation de l’offre et de la demande.

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