Dette grecque : le dialogue se réchauffe

Alexis Tsipras. [ALAIN JOCARD / AFP]

La tension semble s’apaiser entre Athènes et l’Europe. Après plusieurs mois de blocage, tous veulent faire preuve de bonne volonté.

 

La perspective d’un futur ­dénouement positif renaissait hier soir. La Grèce et ses principaux inter­locuteurs européens ont en effet ­renoué le dialogue, hier à Bruxelles, laissant espérer des avancées dans une ­situation enlisée depuis maintenant plusieurs mois.

En jeu, un accord à trouver sur les réformes à mettre en place en Grèce. De lui, dépend toujours le versement d’une nouvelle tranche d’aides de quelque 7,2 milliards d’euros. Et les créanciers, UE et FMI, puis les dix-neuf pays de la zone euro, doivent donner leur feu vert à l’unanimité.

 

Un volontarisme affiché 

Alexis Tsipras, Angela Merkel, François Hollande… Trois des principaux pro­tagonistes du dossier grec devaient s’entretenir hier soir en Belgique pour aborder la question. Et ce, après que le couple franco-allemand a affiché sa volonté de sortir de l’impasse. Le président français avait ainsi martelé dans la journée : "Nous n’aurons qu’un seul message : il faut maintenant aller vite, […]. Travaillons, allons vite et concluons." Un sentiment partagé par la chancelière allemande, qui a assuré que "quand on veut, on peut", avant d’avertir que "chaque jour compte" dans ce dossier brûlant.  

Autre signe de réchauffement, l’entretien survenu hier dans l’après-midi entre le Premier ministre grec et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Une rencontre qui s’est déroulée dans "un climat constructif", selon le gouvernement grec, alors même que la Commission européenne avait rejeté auparavant les nouvelles propositions de réformes présentées la veille par le gouvernement d’Alexis Tsipras. Ce dernier et Juncker, "d’accord pour continuer à travailler" sur une "solution acceptable", doivent se rencontrer à nouveau aujourd’hui pour continuer leurs pourparlers.

Le FMI, quant à lui, ne s’était pas encore prononcé hier sur ces tractations en cours.

 

Athènes espère gagner du temps 

Réduction des avantages accordés aux retraités, priva­tisation de certains secteurs, comme l’électricité… le gouvernement Syriza, élu sur un programme anti-austérité, est sommé par ses créanciers de faire de rudes concessions pour rester sous perfusion financière.

Mais le programme actuel prévu par la Grèce, insuffisant aux yeux  de ses partenaires, arrive à expiration le 30 juin prochain. C’est pourquoi Athènes cherche à gagner du temps, et discutait encore hier soir d’une extension de neuf mois, jusqu’en mars 2016, du programme. Avec, là aussi, le même volontarisme affiché : "Nous sommes prêts à discuter de nouvelles concessions budgétaires", confiait une source gouvernementale.

Jouer ainsi la montre permet au gouvernement Tsipras de ­repousser au loin le scénario redouté du "Grexit", soit la sortie de la zone euro. Une solution "qui serait mauvaise et pour la Grèce et pour l’Union européenne", selon François Hollande, et dont les conséquences pèseraient en premier lieu sur un peuple grec au bord de l’asphyxie depuis maintenant ­plusieurs années. 

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