La Grèce sème l’angoisse

Alexis Tsipras le 26 juin 2015.[JOHN THYS / AFP]

Les Grecs, et le monde entier, se sont réveillés lundi avec la gueule de bois. Après l’annonce de la fermeture des banques et de la Bourse jusqu’au 7 juillet, des files d’attente interminables s’étiraient devant les distributeurs de billets.

 

Et alors que l’inquiétude est montée d’un cran autour de l’avenir du pays, plus que jamais menacé d’un défaut de paiement, les Bourses mondiales ont dévissé à l’ouverture des marchés, perdant en moyenne 4 % en Europe.

L’agence de notation Standard and Poor’s a, elle, abaissé la note de la Grèce à «CCC-». D’Athènes à Bruxelles en passant par Berlin, le monde va retenir son souffle jusqu’au référendum que doit organiser dimanche le gouvernement d’Alexis Tsipras sur les réformes proposées par les créanciers de la Grèce. Les prochains jours s’annoncent tendus.

 

Une crise planétaire ? 

En première ligne, le peuple grec semblait résigné lundi à vivre des heures difficiles. Alors que la Grèce est l’un des pays d’Europe où le paiement par carte bancaire est le moins répandu, les citoyens devaient se livrer à des calculs pour vivre avec les 60 euros par personne qu’ils sont désormais autorisés à retirer quotidiennement. Près d’un milliard d’euros a ainsi été sorti des banques durant le week-end.

Les commerçants s’attendaient à voir leur chiffre d’affaires chuter, anticipant le fait que la nourriture et le carburant soient privilégiés. La situation des banques du pays constituait un autre motif d’inquiétude. Une faillite de l’Etat précipiterait leur chute. L’appréhension régnait aussi à l’international, la situation faisant craindre une réaction en chaîne qui toucherait toute la planète, sur le modèle de la crise née de la chute de la banque Lehman Brothers, en 2008.

Alors que l’échec des négociations se profile, le scénario d’une sortie de la Grèce de la zone euro représenterait un saut dans l’inconnu, dont les répercussions sont difficiles à calculer. Mais François Hollande a tenu à rassurer lundi: «L’économie française est robuste, bien plus robuste qu’il y a quatre ans (au plus fort de la crise des dettes souveraines) et elle n’a rien à craindre de ce qui pourrait se produire.»

 

L’espoir d’une solution

La marge de manœuvre pour une sortie de crise apparaît donc étroite. «Il va falloir réfléchir à d’autres solutions, analyse Robert Rochefort, économiste. Soit gérer un défaut de la Grèce, voire sa sortie de la zone euro, soit suspendre sa dette ou l’alléger. La BCE, la France et l’Allemagne vont tout faire pour rouvrir les négociations avant dimanche, avec peut-être des propositions différentes.» En attendant, les dirigeants européens voulaient croire à la victoire du «oui» lors du référendum.

Car si le «non», dont les partisans étaient près de 17 000 dans les rues lundi soir, entraînerait de façon quasi certaine la sortie de la Grèce de la zone euro, le «oui» pourrait débloquer la situation. Les citoyens grecs ont ainsi le choix entre rejeter l’accord et risquer l’effondrement de leur pays, ou l’accepter et se serrer encore la ceinture. Quelle que soit l’issue de cette semaine, ce sont eux qui devront, une nouvelle fois, payer les pots cassés.

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