Les marchés asiatiques reculent sous l'effet de la crise grecque

Les marchés asiatiques reculent sous l'effet de la crise grecque.[AFP]

Les marchés asiatiques se repliaient lundi à l'instar de l'euro, plombés par les craintes de voir Athènes sortir de la zone euro alors que la Grèce a fermé ses banques et instauré un contrôle des capitaux.

 

A la mi-journée, Tokyo perdait 1,78%, Sydney cédait 1,81%, Séoul 1,45%, Taipei 1,90% et Hong Kong 1,76%.

Les Bourses continentales chinoises, qui avaient subi une dégringolade spectaculaire vendredi --plus de 7%--, ont connu un bref sursaut avant de repartir à la baisse.

Shanghaï et Shenzen ont ouvert en hausse (+2,31% et +1,77% respectivement) mais l'annonce d'une nouvelle baisse des taux d'intérêts de la banque centrale chinoise n'a offert qu'un bref répit aux marchés. L'indice composite shanghaien se contractait de 3,75% à mi-séance tandis que la Bourse de Shenzen perdait 5,93%.

Tirant les conséquences de l'échec de cinq mois de négociations avec les créanciers du pays --Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international-- le Premier ministre grec Alexis Tsipras a provoqué la stupeur vendredi sur les marchés mondiaux avec l'annonce fracassante d'un référendum sur les exigences de ses créanciers.

Les Européens ont décidé de laisser expirer mardi 30 juin le programme d'aide dont bénéficiait la Grèce. Cette date est également celle d'une échéance de remboursement de 1,5 milliard d'euros de la Grèce au FMI.

La perspective du défaut de paiement se profile et derrière, celle du "Grexit", la sortie de la Grèce de la zone euro, scénario catastrophe pour les responsables européens et pour beaucoup de Grecs qui veulent rester dans l'euro.

La Grèce a annoncé la fermeture des banques jusqu'au 6 juillet et l'instauration d'un contrôle des capitaux.

 

Pas de scénario préexistant

Les retraits aux guichets automatiques seront durant cette période limités à 60 euros par jour, selon un arrêté sur le contrôle des capitaux publié au journal officiel grec dans la nuit de dimanche à lundi.

Le texte, signé par le président de la République Prokopis Pavlopoulos et M. Tsipras, fait état "du caractère d'extrême urgence et de la nécessité imprévue de protéger le système financier grec et l'économie grecque en raison du manque de liquidité entraîné par la décision de l'Eurogroupe du 27 juin de refuser l'extension de l'accord de prêt à la Grèce".

La Bourse d'Athènes devait aussi rester fermée, au moins lundi, selon une source proche du dossier.

Certains entretenaient toutefois l'espoir de trouver un dénouement d'ici mardi, la BCE ayant donné un répit à la Grèce en maintenant intact le plafond de fourniture de liquidités d'urgence aux banques grecques (prêts ELA), alors que beaucoup craignaient qu'elle ne leur coupe les vivres.

Face à la crise, l'euro chutait dans les échanges asiatiques, à 1,1000 dollar et 135,57 yens, contre 1,1160 dollars et 138,26 yens en fin de semaine dernière à New York.

Le dollar s'échangeait lui contre 123,15 yens (123,89 yens vendredi soir), les investisseurs considérant la devise japonaise comme une valeur refuge.

Tokyo a été le premier grand marché à réagir au plan de référendum grec prévu le 5 juillet, mais "une baisse de cette ampleur était anticipée par le marché", selon Hirokazu Kabeya, de Daiwa Securities.

Pour Sam Tuck, analyste chez ANZ New Zealand, les marchés entrent dans l'inconnu. "La situation va rester très volatile, beaucoup de choses peuvent changer très rapidement, il n'y a pas de scénario pré-existant", a-t-il dit à l'agence financière Bloomberg News. "La réaction réflexe, c'est de fuir l'euro. Le défaut de paiement mardi au FMI paraît certain et lorsque que cela se produira, il n'y aura plus de proposition, plus de mandat légal pour que l'Europe renfloue la Grèce".

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