Banque de France : jour J pour Villeroy de Galhau, auditionné à l'Assemblée et au Sénat

François Villeroy de Galhau candidat au poste de gouverneur de la Banque de France, le 16 mai 2013 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives] François Villeroy de Galhau candidat au poste de gouverneur de la Banque de France, le 16 mai 2013 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]

François Villeroy de Galhau, choisi par l'Elysée pour devenir gouverneur de la Banque de France, défend mardi sa candidature devant les commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, après une bataille entre critiques et soutiens.

 

Cet ancien directeur général délégué de BNP Paribas devrait -sauf surprise- succéder à Christian Noyer, dont le mandat s'achève fin octobre. Pour être rejetée, sa candidature doit recueillir les 3/5e des suffrages contre elle.

Depuis que le président François Hollande a proposé le 8 septembre son nom pour diriger la prestigieuse institution, la candidature de François Villeroy de Galhau a donné lieu à des débats entre ses soutiens, qui louent ses qualités pour le poste, et ses détracteurs, qui dénoncent un risque de conflit d'intérêt en raison de son passé au sein de la première banque française.

Pour couper court à de telles critiques, il avait quitté BNP Paribas le 1er mai et le gouvernement lui avait confié une mission concernant le financement de l'investissement en France et en Europe, dont un premier rapport d'étape a été rendu fin août.

Pourtant, à la mi-septembre, une tribune signée par près de 150 économistes et publiée par le journal Le Monde appelait les parlementaires à s'opposer à son arrivée à la tête de la Banque de France.

"L'expérience de François Villeroy de Galhau lui confère à n'en pas douter une excellente expertise du secteur bancaire, au moins autant qu'elle l'expose à un grave problème de conflit d'intérêts et met à mal son indépendance", ont estimé les signataires de ce texte.

"Il est totalement illusoire d'affirmer qu'on peut avoir servi l'industrie bancaire puis, quelques mois plus tard, en assurer le contrôle avec impartialité et en toute indépendance", ont-ils ajouté.

 

"Bien des interrogations"

En ligne de mire de cette tribune: les douze années passées par M. Villeroy de Galhau chez BNP Paribas, après une carrière dans la sphère publique. Avant de rejoindre le groupe bancaire, il a ainsi été par exemple conseiller de Pierre Bérégovoy à Bercy puis à Matignon, directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn et de Christian Sautter à Bercy, de 1997 à 2000 et directeur général des impôts de 2000 à 2003.

Si M. Villeroy de Galhau n'avait pas souhaité publiquement réagir, son entourage avait néanmoins fait remarquer que la supervision du secteur bancaire avait été transférée à la Banque centrale européenne, à Francfort, fin 2014.

Il s'est aussi engagé, dans une lettre envoyée aux présidents des commissions des finances obtenue par l'AFP, à couper tout lien financier avec BNP Paribas en cas de nomination (bonus différé, stock-options...) et à ne participer à aucune décision individuelle concernant la banque dans les deux ans suivant son départ du groupe.

De leur côté, trois anciens gouverneurs de la Banque de France, à savoir Michel Camdessus, Jean-Claude Trichet et Jacques de Larosière, ont pris fait et cause pour leur possible successeur, dans une lettre rendue publique par le quotidien économique Les Echos dimanche.

"Rien de nous paraît s'opposer, sous réserve de l'appréciation du Parlement, à ce que vous puissiez assurer avec une pleine compétence et indépendance, après un parcours mixte, cette mission essentielle", font-ils valoir.

Le monde politique s'est lui aussi déchiré entre pro et anti-François Villeroy de Galhau.

La semaine passée, le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, et Albéric de Montgolfier, rapporteur général (LR) de la commission des Finances au Sénat, jugeaient ainsi que sa candidature faisait naître "bien des interrogations".

Pour sa part, le président de la commissions des finances de l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, lui aussi membre du parti Les Républicains, avait défendu le choix de François Hollande.

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