Des ONG militent contre les grands barrages

Des militants d'ONG ont ouvert le Forum alternatif mondial de l'eau, mercredi à Marseille, en installant un barrage factice sur l'escalier de la gare Saint-Charles, dans le centre-ville, pour dénoncer les dégâts de l'hydroélectricité.[AFP]

Des militants d'ONG ont ouvert le Forum alternatif mondial de l'eau, mercredi à Marseille, en installant un barrage factice sur l'escalier de la gare Saint-Charles, dans le centre-ville, pour dénoncer les dégâts de l'hydroélectricité.

De grands tissus bleus ont été déployés sur les marches pour symboliser une rivière s'écoulant jusqu'à un barrage gonflable, derrière lequel quelques dizaines de militants, déguisés en animaux ou en ouvriers de multinationales, se sont couchés en feignant d'être morts, avant de reprendre vie pour détruire le barrage.

"Quand les barrages arrivent, il n'y a plus d'eau, ni vie en aval", a expliqué Ronack Monabay, de l'ONG Les Amis de la Terre, pointant les déplacements de population, l'immersion de terres agricoles et de forêts et la diminution des ressources halieutiques occasionnés par les grands barrages.

"C'est un avant-goût de ce qui va être débattu durant le Forum alternatif qui s'ouvre cet après-midi", a-t-il ajouté, dénonçant "l'illégitimité" du Forum mondial de l'eau qui se tient toute la semaine à Marseille.

"Il est aux mains des multinationales qui essaient de remplacer les instances de négociation légitimes, notamment onusiennes. Les ONG qui participent au Forum mondial ne lui servent que de caution", a-t-il estimé.

Organisé par des ONG, le Forum alternatif espère réunir environ 2.500 participants.

Sur les marches de l'escalier qui mène à la gare, banderoles, tee-shirts et slogans criés par les participants, venus de nombreux pays, réclament de "ne pas céder l'eau aux multinationales", affirment que "les barrages ne sont pas propres" et prônent une utilisation des "rivières pour la vie, pas la mort".

Un dépliant évoque des projets de barrages - Bujagali en Ouganda, Nam Theun 2 au Laos, Jirau au Brésil - en demandant "à qui profitent vraiment les grands barrages ?" Il demande une réorientation des financements vers une petite hydroélectricité adaptée aux besoins des populations locales, et non destinée à alimenter de grosses usines dont la production est exportée.

Tuba Kilic, coordinatrice de l'Association pour la Nature de Turquie, brandit une pancarte demandant l'arrêt de la construction du barrage d'Ilisu sur le fleuve Tigre, dans le sud-est du pays, car il "menace la Mésopotamie".

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