Eolien offshore : fébrilité avant le verdict du gouvernement

La fièvre monte à l'approche du verdict, attendu au plus tard vendredi, de l'appel d'offres en vue de l'installation de centaines d'éoliennes au large des côtes françaises, pour lequel EDF est donné largement favori face à GDF Suez et Iberdrola[FILES SCANPIX/AFP/Archives]

La fièvre monte à l'approche du verdict, attendu au plus tard vendredi, de l'appel d'offres en vue de l'installation de centaines d'éoliennes au large des côtes françaises, pour lequel EDF est donné largement favori face à GDF Suez et Iberdrola.

Le gouvernement doit choisir les lauréats de ce projet géant lancé l'an dernier, qui doit générer environ 10 milliards d'euros d'investissements industriels et faire éclore une nouvelle filière, avec la création de 10.000 emplois à la clé.

Dix dossiers ont été déposés pour les cinq sites allant de la Seine-Maritime à la Loire-Atlantique, par des consortiums montés par EDF, son compatriote et rival GDF Suez et l'espagnol Iberdrola.

Le ministère de l'Industrie a confirmé jeudi à l'AFP que le choix du gouvernement devrait être communiqué au plus tard vendredi, comme l'avait indiqué en début de semaine le ministre chargé du secteur, Eric Besson.

D'après des indiscrétions qui ont filtré dans la presse, La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a recommandé au gouvernement d'accorder quatre sites au consortium mené par EDF, et de ne pas attribuer le cinquième (Le Tréport, en Seine-Maritime, où le consortium mené par GDF Suez est seul en lice).

L'avis du régulateur n'est cependant que consultatif. Le gouvernement doit mener sa propre analyse des offres en fonction d'une batterie de critères, qui vont du prix de l'électricité produite aux impacts industriels et environnementaux.

Le suspense restait entier jeudi, avec une question centrale : le gouvernement s'écartera-t-il de l'avis de la CRE en donnant des lots à GDF Suez et/ou Iberdrola, alors que chacun des consortiums a fait assaut de promesses de créations d'emplois et d'usines à condition d'obtenir plusieurs sites ?

Au ministère de l'Industrie, on refuse de commenter les scénarios évoqués dans la presse et on récuse par avance tout soupçon de favoritisme à l'égard de tel ou tel groupe.

L'éventualité de voir EDF et Alstom se tailler la part du lion suscite des craintes chez les employés d'Areva, fournisseur d'éoliennes de GDF Suez et Iberdrola, et qui voit dans cet appel d'offres une occasion rêvée de conforter ses ambitions dans les énergies renouvelables.

"Je m'inquiète de la tournure que semblent prendre les événements. On a l'impression que les cartes sont déjà presque distribuées en faveur du consortium EDF/Alstom", a confié à l'AFP Gérard Melet, syndicaliste CGT et représentant du personnel au conseil de surveillance d'Areva.

"Est ce que l'Etat veut deux grands acteurs industriels pour construire une filière ?", ou se contentera-t-il d'un seul fabricant d'éoliennes sur le territoire, avec du coup moins d'usines et d'emplois créés, résume-t-il.

Areva a mis en avant son retour sur expérience. Son éolienne M5000, actuellement fabriquée en Allemagne, fonctionne depuis plusieurs années, alors que l'Haliade 150 d'Alstom est en attente de certification.

EDF et Alstom jugent au contraire peu surprenant que leurs offres soient données gagnantes. Une source proche des groupes a estimé que "la qualité environnementale et technique des projets, et la supériorité technologique d'Alstom avec sa turbine de 6 mégawatts (contre 5 pour celle d'Areva, ndlr)" feront la différence.

Autre signe de la fébrilité qui accompagne l'attente des résultats, une rumeur a circulé en début de semaine, affirmant qu'Iberdrola mettait en vente son activité éolienne en France.

Ces spéculations, propres à semer le doute sur le sérieux de sa participation à l'appel d'offres, ont été vigoureusement démenties à l'AFP par un porte-parole du groupe, qui a souligné l'attachement d'Iberdrola au marché éolien français.

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